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CFU 2025 à La Possession : Malgré le feu vert de la Chambre régionale des comptes, la majorité maintient sa charge contre l'héritage Miranville

Ecrit par Maxime Bonnet – le jeudi 20 août 2026 à 08H52

Coup de théâtre ou simple désamorçage ? Saisie après le rejet tonitruant du Compte Financier Unique (CFU) 2025 par la nouvelle équipe municipale, la Chambre régionale des comptes (CRC) a tranché. Dans son avis rendu le 13 août 2026, la juridiction financière valide la régularité et la sincérité des comptes de la commune. Mais sur le terrain politique, cet avis ne calme en rien les ardeurs des deux camps, bien au contraire.

Le 6 juin dernier, le conseil municipal avait voté le rejet du CFU 2025 par 30 voix contre 6, actant une première rupture frontale entre le nouveau maire, Erick Fontaine, et son prédécesseur, Vanessa Miranville. Une décision qualifiée de purement politique par l'opposition, poussant le préfet à saisir la CRC.

La CRC met tout le monde d'accord sur les chiffres

Sur le plan purement technique, les magistrats financiers ont évacué les doutes. L'analyse des états patrimoniaux et de l'exécution budgétaire confirme la concordance des comptes transmis. En section de fonctionnement, l'exercice 2025 affiche des recettes de plus de 58,1 millions d'euros pour 54,8 millions de dépenses, portant le résultat de clôture cumulé à plus de 5,1 millions d'euros. Côté investissement, les recettes s'élèvent à près de 22,6 millions d'euros face à 21,6 millions de dépenses, dégageant un solde cumulé de plus de 2,6 millions d'euros. Pour la CRC, les flux financiers automatisés entre l'ordonnateur et le comptable public ne souffrent d'aucune contestation.

« Des comptes sincères, mais des choix structurellement déficitaires » pour Erick Fontaine

Pour Erick Fontaine, cette validation administrative ne blanchit pas pour autant la gestion passée. L'édile rappelle les raisons de la fronde initiale de sa majorité, née dans les premiers jours de leur prise de fonction face à des zones d'ombre sur Moulin-Joli ou l'opération Cœur de Ville.

S'il se dit « rassuré » par la réponse de la CRC sur la sincérité comptable, l'actuel maire maintient la pression : « Tant mieux si les comptes sont sincères et effectivement honnêtes, mais nous restons sur des opérations qui restent structurellement déficitaires. » Pointant du doigt les alertes de la CRC sur des subventions envolées, il prévient que ce CFU ne reflète que des dépenses passées. C'est donc le futur CFU 2026 qui cristallisera les attentes de la majorité pour juger de la véritable marge de manœuvre de la commune et suivre le calendrier serré du chantier Cœur de Ville.

« Un rejet purement politique et des mensonges »

En face, Vanessa Miranville savoure une forme de validation morale. Pour l'ancienne maire, l'avis de la CRC réduit à néant les accusations portées par son successeur : « La Chambre régionale des comptes acte que notre gestion a redressé les finances de la ville et que les chiffres qui ont été donnés à la nouvelle équipe étaient réguliers et sincères. Il s'agit tout simplement d'un rejet politique par la nouvelle équipe. »

L'ancienne édile n'hésite pas à parler de « mensonges et d'exagérations » de la part de l'équipe en place. Concernant la fameuse perte de subventions du plan départemental du territoire pour la réhabilitation du CCAS, elle invoque un aléa de chantier classique (la faillite de l'entreprise titulaire) tout en assurant que les fonds pourront être récupérés une fois les travaux achevés, allant jusqu'à mettre au « défi quiconque de trouver une collectivité épargnée» par ce type de pépin.

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