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Apprentissage : une nouvelle charte pour renforcer la filière... mais dans le même temps des financements en forte baisse

Ecrit par Zinfos974 – le samedi 30 mai 2026 à 07H12

L'État, la Région, les chambres consulaires et les acteurs de la formation ont signé ce vendredi une charte de coopération stratégique pour développer l'apprentissage à La Réunion. Sauf que dans le même temps, la Région dénonce une réduction drastique des crédits nationaux dédiés à cette politique, estimant que sa dotation pourrait être divisée par quatre d'ici 2027.

L'image résume à elle seule le paradoxe dénoncé par la Région Réunion. Ce vendredi, les représentants de l'État, de la collectivité régionale, des chambres consulaires, des organismes de formation et du monde économique se sont réunis pour signer une charte de coopération stratégique destinée à renforcer l'apprentissage sur le territoire. Au même moment, la Région apprend que les financements nationaux consacrés à cette politique vont connaître une baisse drastique.

La charte vise à mieux coordonner les acteurs de l'apprentissage, à rapprocher davantage les besoins des entreprises des formations proposées et à favoriser l'insertion des jeunes dans un marché de l'emploi toujours marqué par d'importantes tensions. L'alternance est présentée comme un levier essentiel pour répondre aux difficultés de recrutement de certains secteurs tout en facilitant l'accès à l'emploi des jeunes Réunionnais.

Durcissement du suivi de la filière

Cette volonté de renforcer l'apprentissage s'accompagne d'un durcissement du suivi de la filière. Les signataires de la charte s'appuient sur plusieurs constats dressés par les services de l'État : fraudes aux aides publiques, pratiques commerciales trompeuses, dégradation de la qualité de certaines formations ou encore conditions de travail parfois insuffisantes pour les apprentis. Depuis 2025, la DEETS a ainsi enregistré 71 signalements d'apprentis, tandis que le service régional de contrôle a réalisé 31 contrôles et que l'inspection du travail est intervenue à 54 reprises. Neuf procédures d'opposition au recrutement d'apprentis ont également été engagées.

Les vérifications menées ont notamment mis en évidence des défauts d'encadrement des apprentis, des absences de suivi médical, des manquements dans les documents contractuels ou encore des pratiques commerciales jugées trompeuses. Certaines situations ont conduit à des mises en demeure, des sanctions administratives, des suspensions d'aides publiques et, dans les cas les plus graves, à des signalements au parquet.

La charte prévoit ainsi de renforcer les contrôles pédagogiques, de mieux protéger les apprentis, de croiser davantage les informations entre institutions et de surveiller plus étroitement l'utilisation des financements publics. Une Cellule d'intervention apprentissage (CIA), placée sous l'autorité du préfet, doit notamment permettre de coordonner les actions des différents services.

Plus que 500.000 euros en 2027

Mais cette volonté affichée de renforcer la filière se heurte à une réalité budgétaire bien différente. Dans un communiqué diffusé ce vendredi, la Région indique que les Régions de France viennent d'être informées d'un arbitrage gouvernemental réduisant l'enveloppe nationale consacrée à l'apprentissage de 134 millions d'euros à 33 millions d'euros. Une division par quatre qui se répercute directement sur les moyens des collectivités.

Lire aussi : Apprentissage : la Région Réunion dénonce une nouvelle baisse des financements de l'État

À La Réunion, la dotation consacrée à l'apprentissage est déjà passée de 4 millions d'euros en 2024 à 2 millions d'euros en 2026. Selon les informations communiquées par la Région, elle ne représenterait plus que 500.000 euros l'an prochain.

La collectivité estime que cette réduction affectera directement sa capacité à accompagner les investissements des Centres de formation d'apprentis (CFA), alors même que l'apprentissage est régulièrement présenté comme l'un des dispositifs les plus efficaces en matière d'insertion professionnelle. Elle souligne également que cette décision intervient après la diminution des contrats Parcours emploi compétences (PEC), autre outil d'accompagnement vers l'emploi.

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