Soumission chimique, caméras espion, pressions… un Saint-Louisien jugé pour viol et voyeurisme sur sa belle-fille

Un Saint-Louisien d’une quarantaine d’années est jugé devant la cour d’assises de La Réunion pour un viol et des actes de voyeurisme commis en 2023 sur sa belle-fille âgée de 18 ans. L’accusé, qui nie les faits, avait déjà été condamné pour viol en 2013.
C’est une aussi sordide qu’inhabituelle affaire de violences sexuelles que les jurés de la cour d’assises de La Réunion examinent à huis clos à compter de ce lundi 18 mai. Dans le box des accusés, Claude F., un Saint-Louisien d’une quarantaine d’années, doit répondre de viol en récidive et de voyeurisme commis en 2023. La victime présumée n’est autre que sa belle-fille, âgée de 18 ans à l’époque.
ADN et "drogue du viol"
C’est en novembre 2023 que la jeune fille brise le silence, malgré, dit-elle alors, les pressions exercées par son beau-père. La plaignante explique que, profitant de l’absence de sa mère, celui-ci l'a forcée à ingérer des cachets puis lui a imposé un rapport sexuel avant de lui faire promettre de ne rien dire à personne. Mais, au contraire, celle-ci va rapidement se confier à ses proches, qui l’encouragent à déposer plainte.
Et les investigations des gendarmes semblent confirmer ses accusations. Non seulement une trace d’ADN appartenant au suspect est retrouvée sur la victime, mais les analyses toxicologiques suggèrent également que les faits auraient été commis dans un contexte de soumission chimique. En effet, les prélèvements réalisés sur la plaignante font apparaître des traces de Bromazépam, un puissant anxiolytique parfois surnommé « la drogue du viol. »
Des caméras dans la salle de bain et la chambre
Mais les enquêteurs ne sont pas au bout de leurs surprises. En perquisitionnant le domicile du suspect, et plus précisément son ordinateur personnel, ils découvrent de nombreuses vidéos de la jeune fille réalisées à son insu et visiblement captées dans l’intimité du domicile familial.
Poursuivant la fouille de l’habitation, ils retrouvent alors de discrètes caméras espion installées dans la salle-de-bain ainsi que dans la chambre de la victime, attestant que l’homme se livrait depuis un certain temps à des faits de voyeurisme sur sa belle-fille. Un délit qui, aggravé par la fixation d’images, est passible de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.
Bien qu’il conteste les faits de viol, le quadragénaire est mis en examen et placé en détention provisoire. Une mesure d’autant plus justifiée que l’homme est déjà connu de la justice pour des faits similaires.
Acquitté puis condamné en 2013
En 2010, après une soirée passée avec sa petite copine et une amie de celle-ci à Saint-Louis, Claude F., alors âgé de 29 ans, s’était proposé de raccompagner cette dernière à son domicile. C’est alors qu’il aurait imposé à cette jeune femme de 18 ans une relation sexuelle à l’intérieur du véhicule.
Jugé une première fois en 2012 aux assises, Claude F. avait été acquitté au bénéfice du doute, l’accusé ayant plaidé une relation consentie. Rejugé sur appel du parquet général un an plus tard, il avait alors été déclaré coupable et condamné à la peine de six ans d’emprisonnement.
C’est donc en état de récidive criminelle que le Saint-Louisien, qui nie toujours les faits de viol, comparaît de nouveau devant les assises où il encourt désormais la peine de 30 ans de réclusion. Un verdict est attendu mardi 19 mai en fin de journée.


