À l’Entre-Deux, Marie Rufine Payet célèbre ses 100 ans entourée de ses proches

À L'Entre-Deux, Marie Rufine Payet a fêté ses 100 ans entourée de sa famille, de ses proches et des élus de la commune. Un anniversaire chargé d’émotion pour cette centenaire au parcours marqué par les épreuves, mais aussi par une grande force de caractère.
Décrite par la municipalité comme une femme « humble et brave », Marie Rufine Payet conserve une mémoire vive et partage volontiers les souvenirs d’une vie traversée par les difficultés. Née dans une fratrie de douze enfants, elle évoque une enfance modeste dans les hauts de l’Entre-Deux.
« La vie était difficile. Nous mangé sak navé, même des tangues », raconte-t-elle avec lucidité, se remémorant aussi les rares moments de joie vécus avec ses frères et sœurs.
Une vie marquée par les épreuves
Mariée très jeune, Marie Rufine Payet confie avoir connu des drames familiaux dès les premières années de sa vie d’adulte. Elle perd successivement deux enfants, Jeanne Marie Christiane puis Joseph.
« Moin la épousé une personne que moin la pas choisi », explique-t-elle, revenant sur une union qu’elle quittera à l’âge de 20 ans.
Rejetée par son père après cette séparation, elle trouve du travail dans le Nord de l’île comme femme de ménage. Une période qu’elle décrit aujourd’hui encore avec douleur.
« Moin lété une esclave », lâche-t-elle en évoquant les mauvais traitements subis chez son employeur, allant jusqu’à être menacée avec une arme avant de se retrouver à la rue.
Une nouvelle vie et une famille reconstruite
La suite de son parcours prend un tournant lorsqu’elle rencontre Monsieur Lao Yung Weng, réfugié ayant fui la guerre d’Indochine. Ensemble, ils fondent une famille. Mais là encore, plusieurs de leurs enfants seront emportés par la maladie.
Aujourd’hui, Marie Rufine Payet trouve son réconfort auprès de ses trois fils : Maximin, Annick André et Michel. Son fils cadet veille quotidiennement sur elle dans leur maison située au Trou de Magasin.
« Mon garçon i occupe de moin et lu fé cuire dîner », confie-t-elle avec affection.
À 100 ans, la centenaire continue également de nourrir une profonde foi religieuse. Dans sa chambre trône une statuette de la Vierge Marie portant l’enfant Jésus, devant laquelle elle prie régulièrement.
Une journée de fête pour ses 100 ans
Pour célébrer ce centenaire, une journée festive a été organisée en présence de la famille, des proches et de la municipalité. Une messe a notamment été donnée en son honneur, tandis que le chanteur Max Lauret est venu interpréter plusieurs titres de son répertoire.
Madame la maire, Camille Clain, ainsi que l’élu délégué au développement de la politique agricole, Frédéric Armouet, étaient également présents pour lui souhaiter un joyeux anniversaire.
Malgré les années et les épreuves, Marie Rufine Payet conserve un regard tendre sur la vie, même si un souhait demeure.
« Mi aimerai recevoir un peu plus de visite », souffle-t-elle avec émotion.


