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Protection animale : un collectif interpelle les maires pour changer de cap à La Réunion

Ecrit par Zinfos974 – le mardi 5 mai 2026 à 12H05

Un nouveau collectif réunissant dix associations* de protection animale appelle les maires de La Réunion à revoir en profondeur leurs politiques locales. Objectif affiché : passer d’une gestion jugée coûteuse et inefficace à une stratégie préventive, sociale et durable.

Lire aussi : Quel est ce nouveau collectif qui lutte contre les abandons et la maltraitance animale ?

Fraîchement constitué, le collectif AZIR 974 regroupe déjà dix associations actives sur le territoire réunionnais. À l’occasion du début de mandat municipal, il adresse un message clair aux (nouveaux) élus : engager une collaboration pour structurer une politique publique plus efficace en matière de protection animale.

"Il est possible de faire mieux, de faire efficace en 2026 et d'utiliser correctement les fonds publics avec des orientations pensées collectivement et orientées sur les actions efficaces et éthiques", affirme Audrey Ducros, membre du collectif AZIR et présidente de l'association CIANA.

L’initiative part d’un constat partagé sur le terrain. Derrière ce qui est souvent qualifié d’« errance animale » se cachent des réalités sociales plus larges : vie chère, difficultés d’accès aux soins vétérinaires ou encore absence de solutions en cas d’accidents de la vie. Autant de facteurs qui favorisent les abandons et compliquent la gestion pour les collectivités.

Le collectif propose ainsi d’inscrire la question animale dans une approche globale, intégrant les enjeux économiques, sociaux et éducatifs propres à La Réunion.

Quatre axes pour refonder la politique animale

Pour les associations, la réponse publique doit s’articuler autour de quatre piliers complémentaires : la prévention des abandons, le développement massif de la stérilisation, l’éducation du public et la mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux.

L’objectif est de rompre avec une logique jugée réactive, centrée sur la gestion des animaux en fin de chaîne, notamment via l’euthanasie, au profit d’une politique anticipatrice. Cette stratégie repose sur la prévention, la responsabilisation des propriétaires et une meilleure coordination entre collectivités, associations et professionnels.

Selon le collectif, une réorientation budgétaire vers ces actions en amont permettrait d’obtenir des résultats visibles en moins de trois ans.

Au-delà de la seule question animale, les associations insistent sur la dimension sociale du phénomène. De nombreux foyers renoncent à identifier, soigner ou stériliser leurs animaux faute de moyens.

Les situations de précarité ou les accidents de la vie – hospitalisation, perte de logement, séparation – peuvent également conduire à des abandons, souvent subis. Dans ce contexte, l’absence de solutions d’accompagnement pour les familles apparaît comme un facteur aggravant.

Le collectif plaide ainsi pour des dispositifs de soutien accessibles et adaptés, incluant des campagnes de stérilisation solidaires, des aides ponctuelles et un accompagnement social de proximité.

Parmi les pistes avancées, les associations proposent d’accompagner les habitants dans l’accès aux soins vétérinaires, de développer des dispositifs d’aide en cas de difficultés, ou encore de renforcer les actions de sensibilisation auprès des jeunes.

Elles évoquent également des bénéfices directs pour les collectivités : réduction des abandons et de la divagation, apaisement des tensions de voisinage, amélioration de l’image touristique de l’île et meilleure utilisation des fonds publics.

Un modèle actuel jugé inefficace et coûteux

Le collectif dresse un constat sévère de la situation actuelle. L’euthanasie coûterait jusqu’à deux à trois fois plus cher que les actions de prévention comme la stérilisation.

Autre donnée marquante : entre 50 et 60 % des chiens euthanasiés en fourrière seraient en réalité des animaux appartenant à des propriétaires. Par ailleurs, 85 % des chiens et chats pris en charge seraient euthanasiés, un taux présenté comme le plus élevé de France.

Les campagnes de stérilisation sont également jugées insuffisantes, mal coordonnées et peu accessibles aux foyers modestes, avec moins de 10 % des ménages concernés selon les estimations.

Face à ces chiffres, les associations appellent à une réorientation des politiques publiques vers des actions préventives, éthiques et mieux ciblées. L’enjeu est double : réduire durablement les abandons et maîtriser les dépenses publiques.

Lire aussi : Errance animale  : créer une agence publique pour changer de cap

Pour le collectif AZIR, une commune peut agir autrement en s’appuyant sur les associations locales, en développant les campagnes de stérilisation, en accompagnant les familles en difficulté et en renforçant la sensibilisation.

Il se dit prêt à rencontrer les maires pour décliner concrètement ces propositions à l’échelle de chaque territoire.

*Apeba, Toutous du Monde, A l’Ouest l’Eden, Alika, Ciana, Loops, Les Gamelles du Cœur, Praline Bella and Co, Respek Nout Poilus et Coup de Patte

Etiquettes : APEBA | Errance animale

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