Saint-Philippe : l’opposition dénonce un budget "insincère"

Le conseil municipal de Saint-Philippe a adopté son budget primitif 2026, équilibré à 43 millions d’euros. Un document contesté par l’opposition, qui dénonce un budget "insincère" et une situation financière préoccupante.
Réunie en conseil municipal, la commune de Saint-Philippe a adopté ce lundi 27 avril son budget primitif pour l’année 2026. Celui-ci s’équilibre à 43 millions d’euros, dont 27 millions à l’investissement, incluant les restes à réaliser.
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Du côté des investissements, plusieurs opérations sont prévues, notamment la finalisation de la maison des veillées, celle du monument aux morts, ainsi que la reconstruction du pôle finances après l'incendie volontaire. La municipalité annonce également de nouveaux projets, parmi lesquels un budget de participation des jeunes, la création d’un service dédié au handicap, une étude pour une maison de la ruralité et de l’agriculture, ainsi que l’élargissement de la tenue unique à toutes les écoles à la rentrée 2026.
Cession des terrains du Superbe
Le budget repose notamment sur des recettes liées à des cessions foncières, dont celle du site hôtelier du "Superbe". L’opposition pointe toutefois l’incertitude de cette opération. Elle évoque une "recette fictive", estimant que la vente du terrain, déjà inscrite en 2025 sans aboutir, reste sans calendrier crédible.
De son côté, le maire Olivier Rivière se veut rassurant : "permis déposé et finalisé cette année. S'il faut s’y reprendre 100 fois pour que ce projet sorte, je m’y reprendrai 100 fois". Il précise également que le repreneur du projet a décidé de se passer de la garantie d’emprunt initialement prévue, à hauteur de 8,5 millions d’euros sur un projet global estimé à plus de 23 millions d’euros pour la première tranche.
Une opposition qui dénonce une “commune à l’arrêt”
Lors des débats, Wilfrid Bertile, pour l’opposition, a dressé un constat sévère de la situation locale : "la commune est à l’arrêt, on le voit bien sur le terrain, avec des équipements mal entretenus, des chantiers à l’arrêt, des projets annoncés mais qui restent virtuels".
Dans un communiqué, les élus d’opposition affirment avoir voté contre un budget qu’ils jugent "insincère, déséquilibré et risqué pour l’avenir de la commune". Ils évoquent notamment un écart important entre les prévisions et les réalisations : "24,27 millions d’euros inscrits en investissement en 2025, seulement 5,9 millions d’euros réalisés", traduisant selon eux une incapacité à concrétiser les engagements.
Ils pointent également une trésorerie sous tension, avec des délais de paiement des fournisseurs atteignant en moyenne 90 jours. "Cette situation fragilise l’économie locale et dégrade la crédibilité de la collectivité", dénoncent-ils.
Des critiques sur la sincérité du budget
L’opposition met en cause plusieurs pratiques budgétaires. Elle dénonce une sous-estimation des dépenses de personnel. En 2025, 10,6 millions d’euros avaient été inscrits, contre 11,4 millions effectivement dépensés. Dans le viseur de l'opposition également, l’évolution des travaux en régie, dont les montants varient d’une année à l’autre sans justification claire. Selon l’opposition, ces éléments traduisent "un déséquilibre réel du budget" et "une présentation irréelle des comptes", constituant "une atteinte au principe fondamental de sincérité budgétaire".
Elle n’exclut pas un contrôle de la Chambre régionale des comptes et appelle à "reconnaître la réalité de la situation" et à "engager un plan de redressement sérieux".
La majorité défend sa gestion
Face à ces critiques, le maire Olivier Rivière a répondu en contestant l’analyse de l’opposition : "vous avez votre lecture des choses ". Il a rappelé un précédent recours déposé en 2025 contre le budget primitif :"'le tribunal administratif a tranché en notre faveur et donc en votre défaveur".
L’édile reconnaît néanmoins des tensions sur la trésorerie : "les incantations, les espoirs voire même les fantasmes que vous entretenez sur la situation financière de la collectivité sont loin d’être une réalité, à l’exception faite de la trésorerie qui est avérée", admettant que cette situation "empêche effectivement de respecter les délais de paiement des fournisseurs". Il affirme que des solutions sont à trouver.


