Emmanuel Séraphin, premier maire de gauche à conserver la mairie de Saint-Paul

Porté par sa dynamique du premier tour, le maire sortant a conservé son siège en l’emportant avec près de 6.000 voix d’avance sur Cyrille Melchior, qui ne profite pas des alliances réalisées avec ses rivaux de droite et du RN. Le président du Département, dont on questionne la volonté de poursuivre sa carrière politique, assure vouloir mener la reconstruction de l’opposition.
Il est environ 20h15 ce dimanche soir quand un militant passe en klaxonnant devant le local de PLR sur la Chaussée-Royale dans une voiture décorée de ballons roses, la couleur des tee-shirts de campagne d’Emmanuel Séraphin. Le signal que quelque 150 militants attendaient pour commencer à fêter la victoire de leur champion, que la rumeur donnait gagnant depuis presqu’une heure déjà.
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Un homme allume alors un fumigène rouge flamboyant, la sono lâche le séga de campagne du maire puis la députée Karine Lebon fait une apparition dans la foule, poing serré et levé en l’air. C’est la présidente de Région Huguette Bello, la nouvelle 1ère adjointe d’Emmanuel Séraphin, qui prend le micro la première, saluant d’abord les succès (parfois inespérés) de la gauche sur l’échiquier politique local, comme celui de son poulain Alexis Chaussalet au Tampon.
« L’extrême-droite a été battue ! »
« Les Saint-Paulois et Saint-pauloises ont adressé un message très clair, ils veulent continuer avec Emmanuel Séraphin pour l’intérêt général, à travers une gestion saine, transparente, concertée. Vous avez sanctionné le président du Département, qui est clairement défait. Vous avez également sanctionné Bruno Retailleau, les Saint-Paulois ont rejeté son parti Les Républicains. Cette droite qui a trahi ses valeurs en s’alliant avec l’extrême-droite, mais l’extrême-droite a été battue ! », a tancé Huguette Bello.
Après une courte allocution de remerciements, Emmanuel Séraphin a invité ses militants à le suivre jusqu’à la mairie, où il s‘est rendu en marchant au milieu d’une liesse générale. Une joyeuse bande suivie aussi par trois tracteurs déversant leurs klaxons sonores sur la ville. Porté sur les épaules de ses militants, Emmanuel Séraphin a fait une entrée triomphante face à la foule massée devant l’écran géant de la mairie, au milieu des fumigènes et des feux d’artifice, comme un soir de victoire de la France en coupe du monde.
Avec 55,74 % des suffrages exprimés contre 44,26% à son rival de la droite Cyrille Melchior, Emmanuel Séraphin remporte un succès net qui confirme son score historique du premier tour. Pour la première fois de l’histoire de Saint-Paul, un maire de gauche parvient à conserver la mairie, en totalisant 27 670 voix, soit un peu mieux que Huguette Bello lors de sa victoire de 2020 en période Covid.
Cyrille Melchior veut préparer sa relève
Cyrille Melchior gagne 7 000 voix par rapport au premier tour (21 974), peu ou prou comme son adversaire de gauche, et doit s’avouer vaincu malgré le ralliement obtenu de Didier Robert, lequel l’a sans doute privé de ses chances de succès en se présentant face à lui. Dans l’entourage du président du Département, on sait que ce dernier a sans doute livré à Saint-Paul sa dernière grande bataille électorale.
Mais si Cyrille Melchior souhaiterait raccrocher pour se consacrer à sa famille, il ne voudrait pas partir sans « préparer la relève » chez les jeunes, comme le confirmait son équipe de campagne ce dimanche soir, en rappelant le succès de l'épisode du mouvement La Relève avec Jean-Paul Virapoullé en 1998.
Pour Emmanuel Séraphin débute désormais une phase de construction et poursuite de ses grands projets, notamment au TO dont il est le président et où le paysage va se recomposer avec les défaites de Vanessa Miranville et de Bruno Domen, et les victoires d'Érick Fontaine et de Karim Juhoor.


