Entre reprise et fragilités : ce que disent les derniers indicateurs économiques à La Réunion

L’économie réunionnaise montre quelques signes d’amélioration au quatrième trimestre 2025. Selon la dernière note de conjoncture de l’IEDOM, le climat des affaires se redresse et l’inflation ralentit nettement. Mais la consommation reste prudente, l’emploi progresse peu et plusieurs secteurs, dont le BTP et le tourisme, continuent de marquer le pas.
L’économie réunionnaise a terminé l’année 2025 sur une note légèrement plus favorable. Au quatrième trimestre, l’indicateur du climat des affaires progresse de 2,3 points pour atteindre 100,5, soit son niveau moyen de longue période. Un signal qui confirme un redressement progressif de l’activité observé depuis le deuxième trimestre de l’année.
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Dans leur enquête de conjoncture, une majorité de chefs d’entreprise déclare une activité en hausse par rapport au trimestre précédent. Les effectifs salariés progressent également et, pour la première fois depuis un an, les prix de vente repartent légèrement à la hausse. Mais la situation financière reste fragile pour de nombreuses entreprises : les délais de paiement s’allongent et la trésorerie se dégrade encore.
Ralentissement de l'inflation...
Autre évolution notable : le ralentissement de l’inflation. À la fin de l’année 2025, la hausse des prix à la consommation tombe à +0,9 % sur un an, repassant pour la première fois depuis 2021 sous le seuil de 1 %. Cette détente s’explique principalement par la baisse des prix de l’énergie, notamment l’électricité et le pétrole.
Du côté de l’emploi, la situation s’améliore légèrement. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A recule de 0,9 % sur le trimestre pour atteindre 117.430 personnes, tandis que les offres d’emploi progressent de près de 7 %. Malgré ces signaux positifs, la reprise du marché du travail reste jugée insuffisante pour soutenir durablement l’économie locale.
... mais consommation des ménages prudente
La consommation des ménages demeure prudente. Les actifs financiers progressent plus rapidement, signe que certains gains de pouvoir d’achat sont davantage épargnés que dépensés. Parallèlement, les difficultés financières persistent pour une partie de la population : les dépôts de dossiers de surendettement ont bondi de 27,6 % sur un an au quatrième trimestre.
Sur le plan sectoriel, la reprise reste contrastée. Les services et l’industrie manufacturière tirent l’activité vers le haut. À l’inverse, l’agriculture et l’agroalimentaire enregistrent un recul de la demande malgré des investissements en hausse. Le commerce peine encore à retrouver du dynamisme, tandis que le secteur du bâtiment et des travaux publics poursuit sa dégradation, avec des effectifs en baisse et une visibilité limitée sur les carnets de commandes.
Le tourisme reste également peu porteur. Le taux d’occupation des hôtels recule depuis plusieurs trimestres et le nombre de nuitées diminue légèrement, reflet d’une demande touristique interne moins soutenue.
Défaillances en baisse
Malgré ces fragilités, certains indicateurs se redressent. Les intentions d’investissement progressent dans la plupart des secteurs et les encours de crédits à l’équipement des entreprises augmentent. Dans le même temps, les défaillances d’entreprises reculent sur un an, passant à 1.107 procédures à la fin de 2025, soit une baisse de 9,3 %.
Autant de signaux qui traduisent une reprise encore fragile. Si l’activité repart lentement, les chefs d’entreprise restent prudents pour les mois à venir, dans un contexte économique toujours incertain.


