Pouvoir d’achat, rééquilibrage du territoire ou culture : les priorités d’Emmanuel Séraphin pour Saint-Paul

Bouteille de gaz à 10 euros pour les familles en difficulté, prime de fin d‘année augmentée pour les personnels communaux, effets scolaires gratuits pour les enfants des écoles élémentaires ou encore téléphérique reliant les Hauts au littoral : le maire de Saint-Paul Emmanuel Séraphin a présenté son programme à la presse ce jeudi 5 mars.
Il est le maire sortant, donc le seul à pouvoir présenter un bilan à l’heure où la campagne pour les municipales s‘emballe. Emmanuel Séraphin ne s’est pas privé de le faire, ce jeudi 5 mars lors d’une conférence de presse axée sur la présentation de son programme.
« Six ans plus tard, nous pouvons dire aux Saint-Paulois que les engagements ont été tenus. Nous avons redressé les finances de la ville sans augmenter les impôts. Et à l'occasion, nous y avons aussi participé en diminuant les indemnités des élus de 15 %. Nous avons investi massivement dans les écoles, dans les quartiers, dans les équipements publics, avance Emmanuel Séraphin. Plus de 300 millions d'euros qui ont été investis pour améliorer concrètement la vie quotidienne de tous les bassins de vie. 300 millions d'euros investis autant dans les Hauts que dans les Bas. »
Le pouvoir d’achat et la bouteille de gaz à 10 euros
Rappelant que la mise en place de la cantine à un euro avait été l’une des premières fortes mesures adoptées par sa majorité pour lutter contre la vie chère, le maire de Saint-Paul rappelle aussi l’adoption du transport scolaire gratuit dès le début de sa mandature, puis le permis à un euro pour la jeunesse en insertion.
Emmanuel Séraphin annonce désormais la gratuité des effets scolaires dans les écoles élémentaires et la bouteille de gaz à 10 euros (au lieu de 18 euros, grâce au dispositif de la Région) pour les familles en difficulté recensées par le CCAS. Sur le territoire communal, 5.100 familles bénéficieraient de colis alimentaires, contre seulement 1.200 en 2019.
Le maire sortant n’oublie pas les employés communaux, en remémorant à ses adversaires qu’un plan de titularisation existe déjà. Et que l’objectif affiché est d’augmenter la prime de fin d’année à 1.000 euros, contre 700 euros actuellement.
De Bas en Hauts : le rééquilibrage du territoire
Affirmant avoir, durant son mandat, « rééquilibré les services publics entre les Hauts et les Bas », Emmanuel Séraphin dit vouloir poursuivre dans cette voie avec sa nouvelle équipe de colistiers. « Une liste diverse à l'image de Saint-Paul et à l'image de la société réunionnaise, un rassemblement de femmes et d'hommes d'origine, de parcours, de sensibilité différentes. »
Municipales à Saint-Paul : 60% de nouveaux colistiers chez Emmanuel Séraphin
Salles funéraires, salle de balle, aires de jeu pour les enfants, terrains de sport ou barres de street workout : treize équipements de proximité ont été livrés lors de la mandature et une douzaine d’autres est annoncée dans son programme. Le maire évoque le travail d‘accueil effectué dans les mairies annexes, le Point Infos Jeunesse de Bellemène ou le Babybus de la Saline.
Le successeur de Huguette Bello, qui était présente à ses côtés ce jeudi 5 mars, tout comme la députée Karine Lebon (elles sont respectivement N.2 et N.4 sur sa liste), espère par ailleurs lancer la construction du téléphérique entre Saint-Gilles-les-Hauts, Plateau-Caillou et le centre-ville d’ici la fin d’un second mandat.
La culture n’est pas un luxe
Alors que la culture s’affirme comme le parent pauvre des politiques publiques, Emmanuel Séraphin jette un pavé dans la mare en plaçant au premier plan le sujet cher à Suzelle Boucher. « Oui, je suis pour la culture et je l'assume. Parce que ce n'est pas un luxe, ce n'est pas un supplément. C'est ce qui élève une société, c'est ce qui ouvre les esprits, ce qui permet à chacun de s'exprimer, de comprendre le monde et de trouver sa place. Au fil des années, nous avons fait de Saint-Paul un véritable phare culturel de La Réunion. Une ville où la création existe, où les artistes peuvent s'exprimer, où les associations culturelles trouvent leur place, où les habitants peuvent participer et découvrir ».
Dénonçant les « raccourcis démagogiques » et « les chemins dangereux » empruntés par certains candidats lorsqu’ils évoquent la culture, il souligne qu’elle constitue aussi une filière économique et qu’elle participe à l’attractivité de la ville. Toujours concernant l’économie, le maire évoque dans son programme une nouvelle zone artisanale et le développement des zones d’activité existantes.
L’agriculture et l’accès à l’eau
La filière agricole a besoin d’eau, sur une commune où il ne pleut en moyenne que 40 jours par an, et où la ressource n’est pas accessible aux agriculteurs au-dessus de 650 mètres d’altitude. Une responsabilité qui incombe au Département, relève le candidat, comme celle de matérialiser des pistes cyclables sur les routes départementales.
« Le salon de l'agriculture, c'est très bien, à Paris. Mais pour connaître vraiment nos agriculteurs, on va au marché forain. Et les candidats qui sont là n'ont jamais mis les pieds au marché. Même pendant la campagne », raille Emmanuel Séraphin, tandis que Karine Lebon ajoute en ciblant Cyrille Melchior : « Il découvre la misère sociale, il découvre les difficultés des agriculteurs, il découvre les besoins des familles, il découvre les enjeux du handicap et de l'accompagnement social. Est-ce qu'il s'agit d'un autre candidat qui est élu au Département depuis 26 ans ? Il en est même le président depuis 2017. »


