Vidéo RN à Sainte-Rose : Guy Pignolet dément toute proximité politique

La diffusion, le week-end dernier, d’une vidéo du Rassemblement national montrant Guy Pignolet aux côtés du candidat William Courtois lors de l’inauguration de sa permanence, a soulevé des interrogations sur un éventuel soutien de l’ingénieur au parti à la flamme. Interrogé, l’intéressé dément fermement toute proximité politique.
Figure connue à La Réunion et à l'international pour ses travaux scientifiques et éducatifs, Guy Pignolet affirme n’avoir répondu qu’à une invitation publique, sans arrière-pensée politique.
« J’ai reçu une invitation pour l’inauguration de la permanence électorale de William Courtois, qui est l’un de mes anciens élèves, et un collègue de mes activités éducatives militaires avec la base aérienne 181 de Gillot. Je me suis rendu à cette invitation publique, ce qui n’implique rien d’autre. Le reste est de l’imagination et des fantasmes », nous écrit-il.
La présence de l’ingénieur aux côtés du responsable local du RN, Jean-Jacques Morel, a été largement mise en avant par le parti via une vidéo relayée sur les réseaux sociaux. Une exposition que Guy Pignolet dit ne pas avoir recherchée.
« Je n’ai jamais suivi un parti politique »
Dans son message, Guy Pignolet revendique une distance totale avec le champ politique.
« Je pense que tous les partis politiques sont des organisations d’un passé dépassé qui n’ont plus aucune importance. Je n’ai jamais suivi un parti politique, pas même celui de la religion des franc-maçons, et ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer », affirme-t-il.
Il précise également ne pas avoir l’intention de participer au scrutin.
« En ce moment, j’ai mieux à faire que de perdre mon temps dans les bureaucraties administratives en perdition. Je ne voterai pas. »
D’autres candidats aussi rencontrés
Contacté mercredi en fin de journée, William Courtois confirme qu’il n’y a aucun soutien politique de Guy Pignolet à sa candidature. Le candidat RN indique que l’ingénieur lui a présenté des projets, comme il l’a fait avec d’autres candidats.
« Guy Pignolet a des projets pour Sainte-Rose. Il me les a présentés, comme il les a présentés à différents candidats », précise William Courtois.
Contacté également, Sully Hoareau, également candidat à Sainte-Rose, confirme avoir rencontré Guy Pignolet pour évoquer ses projets.
Une démarche cohérente avec la position revendiquée par l’ingénieur : « Je suis proche de tous ceux qui veulent développer mon environnement, même si je suis peu entendu, c’est la vie », écrit-il.
Un parcours hors des cadres politiques
Ingénieur prospecteur de pétrole, professeur de collège, éducateur spatial puis chercheur, Guy Pignolet se définit avant tout comme « un ingénieur de l’aventure ». Il s’est fait connaître du grand public en 2007, lorsqu’un letchi de Sainte-Rose a été envoyé dans l’espace à bord du module orbital Genesis-II, devenant le deuxième objet réunionnais à quitter l’atmosphère, dix ans après le Spoutnik-40-Ans conçu par des collégiens de Saint-Denis.
Il est également le créateur du drapeau régional de La Réunion, dessiné en 1975, qu’il nomme le « Volcan rayonnant », représentant le Piton de la Fournaise en rouge. Guy Pignolet a toujours réfuté l’appellation « Lo Mavéli », terme qu’il n’a d’ailleurs jamais utilisé.
Une expérience politique (très) limitée
Guy Pignolet rappelle avoir mené, dans les années 1970, une unique expérience électorale, à titre expérimental : « Pour comprendre la politique de manière expérimentale, au milieu des années 70, je me suis présenté aux cantonales à Saint-Paul. J’ai eu 81 voix. Cela m’a suffi. »
Reste que si tel était l’objectif, la séquence a permis au RN de donner une visibilité à une simple inauguration de permanence. Une récupération politique dont Guy Pignolet se dit étranger.


