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Sainte-Suzanne : Pierrot Partal annonce sa candidature et accuse Gironcel d'avoir "vendu l'âme du PCR"

Ecrit par P.M. – le mercredi 14 janvier 2026 à 07H26

Ancien conseiller municipal de Sainte-Suzanne et militant de longue date du Parti communiste réunionnais (PCR), Pierrot Partal annonce sa candidature aux municipales. En rupture avec Maurice Gironcel, il l’accuse d’avoir “trahi l’esprit de Paul Vergès et de Lucet Langenier” en s’alliant avec le PLR d’Huguette Bello. Il se présente comme le "candidat des militants communistes".

L’homme était pourtant ce que l’on peut appeler un fidèle. “En 2011, c’est moi qui ai fait démissionner tout le monde au conseil pour qu’il revienne”, lance sans sourciller l’ancien conseiller municipal, longtemps proche de Maurice Gironcel. Une démission qui avait entrainé une élection municipale partielle en 2012 et permis à Maurice Gironcel de retrouver son fauteuil de maire après l'avoir cédé à Yolande Pausé à la suite d'une peine d'inéligibilité.

Bien connu à Sainte-Suzanne, et en particulier dans son quartier de La Marine, l’ancien garagiste et pilote de rallye — qui soutient désormais sa fille, Morgane — faisait aussi partie des dix personnes poursuivies pour un bourrage d’urnes présumé lors des élections européennes de 2014. Une affaire pour laquelle il a été mis en examen, "sans jamais être condamné", l'affaire n'ayant finalement jamais été jugée pour une affaire de procédures.

Sur ce sujet, l’ancien conseiller municipal réaffirme ne pas avoir pris part aux faits reprochés et n’avoir eu connaissance d’aucune irrégularité. “Si on m’a mis en examen, c’est parce que j’étais le président du bureau de vote”, affirme-t-il.

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"Un soldat du PCR, pas de Gironcel"

Il affirme n’avoir reçu “aucun ordre” à l’époque, mais aussi “aucun soutien” de la part de Maurice Gironcel, alors que cette mise en examen a eu un impact sur sa vie personnelle. L'une des raisons qui expliquera sa prise de distance avec l'homme fort de Sainte-Suzanne. 

Il dénonce par ailleurs un fonctionnement municipal qu’il juge entièrement centralisé autour du maire, ainsi qu’une absence de réalisations concrètes. “Aucun des projets qu’il a fait miroiter n’a été réalisé”, lance-t-il.

Après deux mandats municipaux à ses côtés, entre 2008 et 2020, il ne figure pas sur la liste de Maurice Gironcel lors des élections de 2020. Pour autant, il affirme ne pas avoir rompu avec le Parti communiste.

“Je suis un soldat du Parti communiste, pas un soldat de Maurice Gironcel”, martèle l’ancien élu communiste.

Dans une vidéo publiée ce week-end sur les réseaux sociaux, il dit également se présenter "loin des magouilles et des directives des partis". 

“Il est devenu un businessman de la poltique”

Pierrot Partal reproche à Maurice Gironcel d’avoir pris seul la décision de s’allier avec le PLR et Frédéric Maillot. “Aucun militant n’était d’accord. Il n’y a plus de fonctionnement de parti. Les décisions se prennent seules. Pour moi, il a vendu le Parti communiste pour des places”, dénonce-t-il.

Une accusation qu’il assume pleinement : “Gironcel n’est plus un militant communiste, c’est devenu un businessman de la politique”, ajoute-t-il, estimant que “l’esprit de Paul Vergès et de Lucet Langenier a été trahi” par cette alliance avec le PLR.

“Le candidat des militants communistes”

Pierrot Partal insiste sur sa fidélité au parti : “Je n’ai jamais démissionné du Parti communiste, dont je suis membre depuis 27 ans. J’ai toujours porté ses couleurs”, assure-t-il, rappelant avoir été porte-drapeau du PCR lors des obsèques de Paul Vergès.

“J’ai commencé ma carrière politique en 1987 comme délégué syndical auto-moto à la CGTR, avec Georges-Marie Lépinay. Je suis membre actif du Parti communiste depuis la fin des années 1980 jusqu’à aujourd’hui. J’ai été premier vice-président de la section de Sainte-Suzanne, membre du comité central, et je n’ai jamais démissionné.”

Pour lui, il n’y a pas de rupture idéologique : “Le PCR, ce ne sont pas des accords d’appareil, ce sont des militants, une mémoire, une idéologie.”

Sans l’appareil officiel, il se présente comme le candidat communiste sur la commune. “Je suis le candidat des militants communistes de Sainte-Suzanne. Les militants m’ont sollicité. Il n’y avait plus de candidat du PCR à Sainte-Suzanne. Je ne pouvais pas l’accepter.”

S’il s’est mis en retrait de la vie politique institutionnelle depuis 2020, Pierrot Partal affirme être resté actif sur le terrain. À travers son association Partal évolution Rallye, il dit mener depuis plus de dix ans des actions sociales dans son quartier de La Marine : fêtes de quartier, colis alimentaires, aide ponctuelle aux familles en difficulté. “Mon engagement n’a jamais cessé”, assure-t-il.

Lire aussi : Sainte-Suzanne : Maurice Gironcel adoube Frédéric Maillot

Une liste ouverte sur la société civile

Sa liste, baptisée “L’Union pour l’égalité des chances – Les oubliés de Sainte-Suzanne”, se revendique communiste par ses valeurs, tout en intégrant des personnalités issues de la société civile. “Il n’y aura pas que des communistes, mais le socle, ce sont les militants”, précise-t-il.

“Mon combat, c’est de rendre service à la population et de défendre les plus démunis. C’est ça, pour moi, l’héritage du Parti communiste”, poursuit-il.

En s’engageant dans la bataille municipale, Pierrot Partal assume une confrontation directe avec son ancien mentor politique. “Maurice Gironcel ne représente plus le Parti communiste”, tranche-t-il. Une ligne de fracture désormais clairement posée à Sainte-Suzanne, avec la question de savoir vers quel candidat se portera le vote communiste sur la commune.

“J’ai proposé à René Sotaca de mener la liste”

Il indique avoir proposé, il y a environ trois semaines, à René Sotaca de conduire une liste “communiste”. “Il a refusé pour diverses raisons”, explique-t-il. Depuis, le conseiller départemental a annoncé son ralliement à la liste menée par l’ancien DGS, Eddy Balmine.

Lire aussi : Sainte-Suzanne : Réné Sotaca rejoint la liste d'Eddy Balbine

Côté programme, Pierrot Partal dit vouloir avancer des propositions qu’il juge réalistes. “Ceux qui font de grandes promesses vont les faire avec quel argent ? La Cinor n’a plus d’argent, l’État n’a plus d’argent. Moi, je veux proposer des choses réalistes : la fête des mères dans tous les quartiers, des mini-parcs de jeux, mais la première chose, c’est de mettre le quartier de La Marine hors de danger, hors d’eau, et aussi de créer des zones d’activité.”

Avec lui, ils sont désormais neuf à être candidats aux municipales à Sainte-Suzanne.

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