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Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : « 1905-2025 »

Ecrit par Mohamed Aït-Aarab – le mercredi 10 décembre 2025 à 09H44

Découvrez le nouveau billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :

« La loi doit protéger la foi, aussi longtemps que la foi ne prétendra pas dire la loi ». Ces mots sont ceux d’Aristide Briand, exprimés dans son rapport relatif à la séparation des Églises et de l’État en 1905. Et ils résument parfaitement l’esprit de la loi dite de séparation des Églises et de l’État.

En France, nul ne peut être inquiété, discriminé, mis en accusation en raison de la religion qu’il professe. Mais aucun culte ne peut prétendre imposer ses vues, sa morale, ses principes à l’ensemble de la collectivité.

Aujourd’hui, des intérêts bassement politiciens et purement électoralistes ont conduit à une instrumentalisation de la laïcité. Et certains partis ont procédé à une véritable O.P.A. sur la loi de 1905. Il convient donc de revenir à ce que dit réellement le texte.

Et sur ce point un constat s’impose. En France, la loi protège la foi, ce qui est loin d’être le cas dans de nombreux endroits du monde (Chine, Inde, Pakistan, Arabie saoudite, etc.) où la loi est souvent une entrave à l’expression de la foi.

La laïcité n’a pas à être débattue car elle se vit en tant que principe fondateur de la République. Et chaque journée du 9 décembre doit être l’occasion d’en faire la pédagogie.

Face à l’effritement des valeurs de la République et au cloisonnement communautaire, sans parler des attaques de pays étrangers pour qui la laïcité à la française est une hérésie, une urgence s’impose : se mobiliser collectivement et urgemment autour des valeurs de la République. Les tragédies de janvier et novembre 2015 rappellent, si besoin était, la nécessité d’une éducation à la laïcité. Et en premier lieu, sa fonction émancipatrice.

Étymologiquement, la laïcité est la capacité à insuffler du commun au sein d’une population. Dès lors, la mise au point du Conseil constitutionnel, en 2004, est d’une évidence et d’une simplicité, oserais-je le dire, biblique : puisque la France est une « République laïque », selon l’article 1er de la Constitution de 1958, nul ne peut « se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers ».

Mais, parce que la laïcité à la française vise aussi à maintenir un équilibre social et une égalité de tous les citoyens, n’oublions pas que la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789, proclame, en son article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leurs manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi ».

Cesser les amalgames et la victimisation, mettre fin à la désignation de boucs émissaires, renoncer aux fantasmes d’un âge d’or civilisationnel, placer la laïcité hors des tripatouillages partisans : telles sont quelques-unes des conditions qui rendront actuelle la demande de Victor Hugo : « Je veux, je le déclare, la liberté de l’enseignement ; mais je veux la surveillance de l’État ; et comme je veux cette surveillance effective, je veux l’État laïque, purement laïque, exclusivement laïque ».

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab

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