Airbags Takata : une vérification obligatoire au contrôle technique dès janvier

Après un nouvel accident mortel dans notre île, le ministère des Transports impose la vérification des airbags Takata lors du contrôle technique. Objectif : faire disparaître ces dispositifs défectueux du parc automobile français d’ici deux ans.
Le scandale des airbags Takata, déjà responsable de dizaines d’accidents à travers le monde, prend une nouvelle tournure en France. À la suite du décès d’un jeune homme de 23 ans, dont l’airbag a éclaté lors d’un accident sur la route des Tamarins, le ministère des Transports a annoncé ce lundi une mesure inédite : la vérification systématique de la présence d’un airbag Takata lors du contrôle technique, à compter du 1er janvier 2026. Cette disposition vise les 1,35 million de véhicules encore en circulation répertoriés en “stop drive”, c’est-à-dire interdits de rouler tant que la pièce n’a pas été remplacée.
« Nous créons un filet de protection supplémentaire », explique Philippe Tabarot, ministre des Transports. « En deux ans, l’ensemble du parc roulant sera passé au peigne fin afin de mettre ces airbags hors d’état de nuire. » Concrètement, si un véhicule est identifié comme équipé d’un airbag Takata classé “stop drive”, il sera immobilisé jusqu’à réparation. La contre-visite deviendra obligatoire et le constructeur devra effectuer la réparation dans un délai maximal de 24 heures. En revanche, les rappels jugés graves mais sans mention “stop drive” ne donneront pas lieu à une contre-visite : les conducteurs seront simplement informés.
« J’invite l’ensemble des propriétaires à vérifier, sans attendre, s’ils sont concernés »
Le ministère rappelle que les véhicules concernés peuvent être identifiés directement sur son site internet. « J’invite l’ensemble des propriétaires à vérifier, sans attendre, s’ils sont concernés », insiste Philippe Tabarot, rappelant que la vérification volontaire reste la meilleure façon d’éviter des drames.
Si la contre-visite sera à la charge de l’automobiliste, le ministère demande aux centres de contrôle de faire preuve de “bienveillance”. En parallèle, il promet de maintenir la pression sur les constructeurs, accusés de lenteur dans leurs campagnes de rappel. Une action de groupe vient d’ailleurs d’être engagée contre Stellantis pour une campagne jugée « tardive et désorganisée ».
Depuis le début du scandale, 46 accidents ont été recensés en France, dont 42 en outre-mer. Ils ont causé 20 morts et 28 blessés. Selon le ministère, 2,8 millions de véhicules ont déjà été réparés, dont 1,2 million depuis mars 2025. L’objectif affiché est clair : qu’aucun airbag Takata ne circule encore sur les routes françaises d’ici à 2028.


