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Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : « Santé mentale : urgence ! »

Ecrit par N.P. – le lundi 24 novembre 2025 à 08H05

Découvrez le nouveau billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :

Chaque année, nos gouvernants décrètent une Grande Cause Nationale qui doit être au cœur des préoccupations ministérielles : l’activité physique et sportive en 2024 ; la santé mentale en 2025. Mais alors que 2026 se profile à l’horizon, quel bilan tirer des 11 mois écoulés ?

Le premier ministre de l’époque, un certain Michel Barnier, avait mis en avant quatre objectifs prioritaires :

la déstigmatisation,
le développement de la prévention et du repérage précoce,
l'amélioration de l'accès aux soins
l'accompagnement des personnes concernées partout sur le territoire français.

Lire aussi : Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : « Quelle indignité ! »

J’avoue que, pour ma part, à part les effets d’annonce et la communication institutionnelle par vidéos interposées, je n’ai pas vu de réalisations tangibles. Mais peut-être ai-je été distrait par les multiples changements de gouvernements ? Ou par les débats sur le vote du budget 2026.

Quid du doublement du nombre de MDA (Maisons des Adolescents) ? On en compte (site https://www.filsantejeunes.com/) 235 sur l’ensemble du territoire national (dont deux à La Réunion). Mais combien ont été créées en 2025 ?

Quid de l’accès à la formation et à l’emploi des jeunes souffrant de handicap psychique ?

Quid de la simplification des procédures administratives pour une prise en charge rapide, efficace ?

Quid des moyens à allouer aux M.D.P.H. (Maison Départementale des Personnes Handicapés) pour leur permettre un traitement des dossiers dans des délais raisonnables ?

Quid ? Quid ? Quid ?

La santé mentale, contrairement au handicap physique, ne se voit pas. De ce fait, elle est moins prise en compte, moins prise en charge. Ne serait-ce que dans l’accès à l’emploi qui demeure une course d’obstacles au cours de laquelle une majorité abandonne.

Or, les études montrent qu’un adulte sur cinq développera un trouble psychologique à un moment donné au cours de sa vie. La dépression touche 7 % à 8 % de la population adulte. Chez les adolescents et jeunes adultes, les symptômes dépressifs sont observables chez 20% de cette catégorie d’âge.

Et une très nette dégradation de la santé mentale des jeunes est observable depuis plusieurs années, les jeunes filles étant les plus touchées.

La pandémie de Covid-19 et les périodes de confinement ont été des périodes difficiles pour la santé mentale dans l’ensemble de la population. Mais pour les jeunes, la fin de la pandémie n’a pas signifié une diminution des symptômes.

L’augmentation du temps passé devant des écrans – au détriment d’une vie sociale active, d’activités (sportives, culturelles, ludiques) de groupe -, la surexposition à un flot continu d’informations anxiogènes, la précarité alimentaire et la pauvreté qui touchent nombre de jeunes, lycéens, étudiants, travailleurs, les perspectives d’emploi peu rassurantes, la difficulté à entrevoir un projet professionnel, familial, tout cela alimente le stress que subissent nos enfants.

C’est pourquoi au-delà de la communication officielle qui, trop souvent, tient lieu d’action, il importe de prendre le taureau par les cornes. Des dispositifs existent – par exemple « Mon soutien psy » qui permet le remboursement de douze séances chez un psychologue agréé – qu’il importe de développer, de compléter. Une plus grande vigilance est également à déployer en milieu scolaire, universitaire.

Tout cela nécessite évidemment du temps, de l’argent, de la formation.

Mais il faut choisir nos priorités. Et une population, notamment les plus jeunes, en bonne santé mentale, cela n’a pas de prix.

Les solutions existent. Les financements également. Encore faut-il mettre en œuvre des procédures de contrôle et d’évaluation des dispositifs !

Des lois existent, comme celle du 5 septembre 2018 concernant l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH). Encore faut-il que l’État fasse respecter les règles qu’il édicte !

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab | NS2

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