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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : « Incompréhension »

Ecrit par N.P. – le lundi 27 octobre 2025 à 13H29

Découvrez le nouveau billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :

Hier soir, dimanche, comme nombre d’entre vous, j’imagine, je regardais le JT. Celui-ci a ouvert son édition de 19h sur le drame qui s’est déroulé lors du rallye automobile de Saint-Joseph. Suite à une sortie de route de l’un des concurrents, six personnes ont été percutées par le véhicule. Le bilan est tragiquement lourd : deux enfants âgés de 9 et 12 ans sont décédés.

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Cette double disparition a, pour reprendre les mots du maire de Saint-Joseph, endeuillé toute la ville. Et bien au-delà. C’est, sans aucun doute, toute La Réunion qui, dimanche soir, était profondément bouleversée et avait une pensée de compassion pour la famille.

Certains pourraient dire que les victimes étaient positionnées dans une zone interdite au public. En effet, depuis l’accident de l’année dernière, sur cette même route, les organisateurs avaient renforcé le dispositif de sécurité. C’est donc un malheureux concours de circonstances qui a conduit au deuil de ce dimanche.

Je me pose néanmoins une question.

Était-il nécessaire, lors de la page sport du journal, de maintenir les deux sujets consacrés au rallye du jour ? Était-il nécessaire de consacrer près de 5 minutes à une épreuve sportive qui s’est achevée dans le malheur et l’affliction ? Ne pouvait-on se contenter de donner simplement les résultats de la compétition ? Sans plus !

J’ai été particulièrement choqué par l’ouverture de cette page sportive où, après le rappel du tragique accident, on est passé, comme si de rien n’était, au premier reportage résumant la course et donnant la parole au vainqueur de l’épreuve.

Autre motif d’incompréhension : le second sujet qui a permis de suivre, tout au long de l’épreuve, depuis les préparatifs jusqu’à la ligne d’arrivée, l’un des équipages en lice, lui donnant notamment la parole pour commenter sa course.

Je suppose que ni les pilotes lors des interviews, ni les journalistes auteurs des reportages, n’étaient au courant du drame, au moment où ils réalisaient leurs sujets.

Toujours est-il que certains mots prononcés lors de ces deux reportages résonnaient étrangement à mes oreilles après l’information initiale qui nous avait été donnée.

Je me pose donc une autre question : lors de la préparation de ce journal télévisé, au moment de la finalisation du conducteur, n’était-il pas possible de passer à la trappe les deux reportages en question ? Eu égard au contexte.

Le travail journalistique est difficile, complexe, voire ingrat, parfois. Ici ou ailleurs.

Mais un soupçon d’humanité dans le traitement de l’information n’est jamais superflu.

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab

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