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Douze mois de prison pour avoir tailladé le visage de son dalon au ciseau à bois

Ecrit par E.L. – le mardi 12 août 2025 à 05H52

Ce lundi, un homme de 32 ans a été condamné à douze mois de prison dont six avec sursis probatoire pour avoir sévèrement tailladé le visage de son copain de boisson avec un ciseau à bois. Dans sa grande clémence, le tribunal lui permet d’effectuer sa peine sous bracelet électronique. Explications.

La scène d’une violence inouïe se déroule le 6 août dernier dans la commune de Saint-André. Il est 20h24 quand les policiers se rendent sur les lieux d’une rixe mettant aux prises deux dalons. Sur place, la victime a le visage profondément tailladé. La plaie s’étire sur 10 centimètres en partant du lobbe de l’oreille pour s’arrêter miraculeusement à quelques millimètres de la carotide. Le coup a été si puissant qu’il a continué sa course jusqu’au torse du malheureux en laissant des marques d’abrasion.

Au terme d’une soirée très arrosée, les deux hommes se sont taquinés en présence de leur hôte. Ils en sont venus aux mains jusqu’à ce que le jeu dégénère. Sans être capable d’expliquer le pourquoi du comment, Jean-Christophe L. a saisi un couteau à bois qui traînait pour en porter un coup au visage de son dalon. Il a frappé si fort que les muscles ont été sectionnés en profondeur.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête »

« Il m’énervait, j’étais en colère. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête », explique le prévenu à la barre. Il ajoute qu’il n’en a « pas fait exprès ». Sa seule explication consiste finalement à dire que « c’est à cause de l’alcool ». « Mi regrette. J’aurais pu tuer a li », déplore encore Jean-Christophe L. Au moment des faits, ce dernier avait un taux d’alcoolémie de 2,44 grammes par litre de sang et sa victime un taux de 4,4 grammes.

Le prévenu n’est pas tout fait un inconnu aux yeux de la justice. Il a été condamné à de la prison avec sursis à cinq reprises, entre 2015 et 2016, pour des vols et des destructions. Ses juges ont toujours fait preuve de clémence à son égard. Sans doute en raison de ses problèmes de santé lié au Syndrome d’alcoolisation fœtal (SAF) dont il souffre depuis toujours et qui lui valent de bénéficier d’un statut de travailleur handicapé.

« Nous sommes passés à côte de quelque chose de dramatique »

La victime, en dépit de l’importante cicatrice qui va barrer à jamais son visage, n’a pas souhaité déposer plainte contre son agresseur. Il a seulement réclamé et obtenu un préjudice global (moral, esthétique et pour les souffrances endurées) et définitif de 5 000 euros. « Nous sommes passés à côté de quelque chose de dramatique », rappelle le substitut du procureur, Léa Filippi.  La magistrate a requis 15 mois de prison dont six mois avec sursis probatoire. Elle estime qu’ainsi, le prévenu sera soumis à « un sevrage forcé ». L’avocate de la défense estime que la place de son client n’est pas en prison où il sera « une cible » et où il ne bénéficiera pas de la prise en charge déjà mise en place à son égard et nécessaire à son état de santé. Elle rappelle enfin que Jean-Christophe L. a un emploi dans un Ehpad et un rendez-vous pour une cure de désintoxication le 22 septembre prochain.

Le tribunal a entendu son conseil. Jean-Christophe L. est condamné à douze mois de prison dont six avec sursis probatoire pendant deux ans avec obligation de soins, de travailler et d’indemniser la victime. Il pourra en outre effectuer ses six mois de prison ferme sous bracelet électronique. Il est donc ressorti libre à l’issue du procès avec l’espoir qu’on ne l’y reprendra plus.

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