La Colline : l’État et la mairie actent la démolition de trois maisons menacées

Ce jeudi, la maire de Saint-Denis, Éricka Bareigts, et le préfet de La Réunion, Patrice Latron, ont annoncé la démolition imminente de trois habitations exposées à un risque d’effondrement dans le quartier de La Colline. Une mesure de protection jugée indispensable face au danger.
« Il y a un vrai risque, nous devons protéger la vie des gens », a déclaré sans détour la maire de Saint-Denis, Éricka Bareigts, ce jeudi matin, lors d’une conférence de presse conjointe avec le préfet Patrice Latron. Réunis au centre social du Bas de la Rivière, les deux responsables ont acté une étape décisive : la démolition, dans la journée, de trois maisons menacées d’effondrement sur le site de La Colline.
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Ces habitations, construites sur un terrain instable, avaient été fragilisées par le passage du cyclone Garance en mars dernier. Selon les expertises du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les fondations sont aujourd’hui à nu, et la berge comme le chemin d’accès ont été emportés. Une situation d’extrême vulnérabilité que la mairie avait formalisée début juillet par un arrêté de péril.
Pour Patrice Latron, la mesure est claire : « Nous n’avons qu’un seul leitmotiv avec la maire, c’est la protection des vies humaines. On est passé très près d’une catastrophe pendant Garance. Nous ne voulons pas, au prochain cyclone, avoir à nous reprocher des morts. » Il a insisté sur la nécessité de « manifester la détermination de la puissance publique » à agir face au danger, même contre la volonté des personnes concernées.

Les trois familles occupant ces maisons avaient été informées il y a trois semaines de l’obligation d’évacuer. Si l’une a accepté un relogement, une autre a reconnu le danger sans quitter les lieux. Une dernière refuse toujours de partir, malgré des propositions concrètes de relogement, clé en main, dans des logements meublés fournis par la ville.
Éricka Bareigts rappelle que depuis Garance, onze familles du quartier ont été relogées. Mais près de 55 autres vivent encore sur le site, classé en zone rouge depuis 2000 au titre du plan de prévention des risques naturels. « Ce n’est pas une mince affaire de sortir des gens qui sont là depuis des années, qui ont leurs souvenirs, etc. […] C’est lourd de responsabilité », a reconnu Éricka Bareigts, précisant que la ville avait agi avec un encadrement juridique et des offres de relogement.
Les habitants contestent pour certains leur statut d’occupants sans droit ni titre. Si des titres de propriété peuvent être prouvés, le fonds Barnier pourrait être sollicité pour une indemnisation. Dans le cas contraire, les aides relèveront du fonds Letchimy, prévu pour les occupants illégaux de zones à risque.
Au-delà de La Colline, d'autres secteurs sont sous surveillance, rappelle le préfet, notamment la Grande Chaloupe ou certaines ravines habitées. « Tout cela, c’est une priorité pour l’État », conclut-il.


