Saint-Louis : il tente d'immoler sa compagne

Un jeune Saint-Louisien, Damien R., a fait appel d'une décision du juge des libertés et de la détention concernant son enfermement en prison. Il est soupçonné de tentative de meurtre. En janvier dernier, après une dispute, il a tenté d'immoler sa compagne en l'aspergeant d’essence.
En janvier dernier, sur un parking, une dispute éclate entre Damien R. et sa petite amie de l'époque. Après l'avoir jetée à terre, il sort de sa voiture une bouteille remplie d’essence. Le contenant est alors jeté au visage de la victime. Selon des témoins et la victime elle-même, Damien aurait tenté d’allumer un briquet pour l’immoler.
Sans l'intervention d'une tierce personne, la situation aurait pu virer au meurtre. La victime parvient à s’enfuir et à se cacher dans un restaurant. L’un des serveurs tente alors de poursuivre Damien R., sans succès. Ce dernier prend la fuite.
Il finira par être interpellé pour tentative de meurtre et écroué.
Possessif et jaloux : il demande sa libération
Inconnu de la justice, Damien R. est âgé de 19 ans et exerce le métier de boulanger avant les faits. Quand on regarde de plus près son cas, on se rend compte que le jeune homme est addict aux stupéfiants. L’alcool, il en consomme souvent. De même que le Dou, drogue de synthèse en vogue sur notre île.
S'ajoute à cela une tendance à la jalousie et à la possession, comme en témoignent devant les enquêteurs ses ex-petites amies. L'une d’elles a décrit comment Damien R. considérait ses compagnes comme "siennes".
Cette tendance à la jalousie s'accompagne d'une impulsivité manifeste et d’une difficulté à contrôler ses émotions. Bien qu'il ne soit pas dangereux sur le plan psychiatrique, sa consommation d’alcool et de stupéfiants, couplée à cette impulsivité, présente un risque modéré de passage à l'acte.
Devant la chambre de l'instruction ce mardi matin, il tente de faire amende honorable. Damien R. reconnaît effectivement avoir projeté sa petite amie au sol, de l’avoir aspergée d’essence, mais nie toute volonté de vouloir allumer un briquet.
Quand le président l’interroge sur la bouteille d’essence en sa possession, l’intéressé explique simplement qu’il voulait faire peur à sa compagne de l’époque. Le ministère public apporte une autre réponse : selon des auditions antérieures, Damien R. réservait son essence et son briquet pour cramer la voiture de l’ex-compagnon de la victime, sûrement par jalousie vindicative.
Intention ou non de donner la mort
Les débats à la chambre de l’instruction ont porté sur la demande de mise en liberté de Damien R. Les juges d'instruction et des libertés et de la détention ont émis un avis défavorable à sa remise en liberté. L’avocate de l’homme a fait appel de cette décision, le parquet ayant formulé une requête manuscrite en requérant un contrôle judiciaire strict.
Pour la robe noire, les témoignages ne concordent pas concernant le briquet. Au moment des faits, une amie de la victime était, elle aussi, présente. Cette amie assure que c’est l’homme qui a donné le premier coup, or, la victime reconnaît avoir frappé son compagnon d’abord.
De plus, l’avocate assure que Damien R. ne souhaitait pas passer à l’acte. Pour prouver sa bonne foi, elle évoque son casier judiciaire vierge, le fait qu’il soit inséré dans la société et que son patron est même prêt à le reprendre. Il pourrait ainsi effectuer son contrôle judiciaire au domicile de sa mère, avec une interdiction de paraître à la Rivière Saint-Louis, là où habite la victime. Son client présente ainsi toutes les garanties pour un placement sous contrôle judiciaire.
L’avocate générale ne l’entend pas de cette oreille. Elle rappelle d’abord que deux magistrats du siège ont refusé le contrôle judiciaire à Damien R. et qu’il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour cette tentative de meurtre.
De plus, elle rappelle à la défense le passé violent du jeune homme : certes, il ne possède pas de mentions à son casier judiciaire mais l'avocate générale rappelle qu’une altercation a éclaté en décembre 2024 entre Damien R. et son frère, le premier menaçant le second avec une hache. Aussi, les nombreux témoignages des ex-compagnes font état de violences.
Elle rappelle que l'homme s'est retrouvé impliqué dans un guet-apens en prison et est en attente de sanction.
Sur le risque de récidive ou de pression sur les témoins, le ministère public se montre là aussi intransigeant. Le comportement et la consommation d’alcool de Damien R., sa proximité avec le domicile de la victime et son tempérament sont un cocktail qui risque d’exploser à tout moment.
Ainsi, elle requiert le maintien en détention, assurant que des investigations sont toujours en cours.
Après délibération, la chambre de l’instruction a décidé de le maintenir en détention.


