Une saison cyclonique 2024-2025 parmi les plus actives depuis 40 ans

Avec 13 tempêtes et cyclones, dont 8 cyclones tropicaux et des impacts majeurs sur les territoires habités, la saison cyclonique 2024-2025 se classe parmi les cinq plus actives depuis quarante ans dans le Sud-Ouest de l’océan Indien. Des phénomènes violents comme Chido et Garance ont laissé des traces historiques à Mayotte et La Réunion, entraînant des dégâts considérables.
Dans sa dernière publication, Météo France Réunion revient sur la saison cyclonique 2024-2025 qui restera « de sinistre mémoire » pour de nombreux habitants du Sud-Ouest de l’océan Indien. Enregistrant treize systèmes ayant au moins atteint le stade de tempête, dont huit sont devenus des cyclones tropicaux, la saison se hisse dans le top 5 des plus actives depuis environ quarante ans. Près de la moitié de ces phénomènes ont eu un impact direct sur les zones habitées, certains causant des conséquences qualifiées de « catastrophiques » par les météorologues.

Démarrée de manière précoce avec la formation d'Ancha le 1er octobre, la saison s’est étendue jusqu’au 21 avril, date de la dissipation de la tempête subtropicale Kanto. Aucun système perturbé n’a été observé en mai, ce qui fixe la durée de cette saison à un peu plus de six mois, proche de la normale.
Au total, treize tempêtes ou cyclones ont été recensés sur le bassin, contre une moyenne de dix. Huit d’entre eux ont atteint le stade de cyclone tropical, bien au-delà de la normale fixée à cinq, et six de ces huit sont même devenus des cyclones tropicaux intenses, doublant la moyenne habituelle. Parmi eux, Vince a marqué les esprits : dans la nuit du 6 au 7 février, ce système issu de la zone australienne a atteint le stade de cyclone tropical très intense, générant des vents moyens de plus de 220 km/h et des rafales estimées à 315 km/h, heureusement loin des terres habitées à ce moment-là.
Six phénomènes ont provoqué des dégâts parfois « catastrophiques »
« L’énergie cyclonique accumulée sur toute la saison est dans le top 3 des saisons les plus actives depuis 40 ans », relève Météo France Réunion, qui ajoute que « le nombre de jours cumulés avec présence d’une tempête ou d’un cyclone sur le bassin est dans le top 5 ». Le pic d’activité s’est concentré entre fin janvier et mi-mars avec sept phénomènes cycloniques suivis en seulement un mois et demi, dont deux duos successifs : Garance et Honde , puis Ivone et Jude.
Autre caractéristique notable : la formation de trois tempêtes tropicales dans le canal du Mozambique, contre une à deux habituellement. Les zones de genèse de tempêtes dans l’est et la zone centrale du bassin sont restées proches des moyennes. Seuls Ancha et Garance ont connu une formation rapide, les autres systèmes ayant eu une évolution plus lente.

Les trajectoires des cyclones ont été variées. Météo France souligne la présence d’un anticyclone subtropical plus puissant que la normale, théoriquement favorable à une trajectoire vers l’ouest. Pourtant, seuls cinq phénomènes sur douze tempêtes tropicales pures ont suivi cette orientation, les autres optant pour des trajectoires sud.
La saison s’est révélée particulièrement impactante pour les territoires habités : six phénomènes ont provoqué des dégâts parfois « catastrophiques ». La chronologie débute dès novembre avec Bheki à Rodrigues, puis s’étend jusqu’à mars avec Jude frappant le sud de Madagascar. Madagascar a principalement souffert dans ses régions nord et sud, avec trois cyclones majeurs : Dikeledi, Honde et Jude. La côte centre-est, d’ordinaire plus touchée, a été relativement épargnée.
Le Mozambique n’a pas été en reste, notamment sa province de Nampula, frappée deux fois par Dikeledi et Jude, à deux mois d’intervalle. Depuis 2020, le pays a déjà subi dix atterrissages cycloniques, bien au-delà de la moyenne décennale.
Mayotte a subi une saison historique : le cyclone Chido a frappé le 14 décembre 2024, avec des vents de 175 km/h en moyenne et des rafales atteignant 250 km/h, une intensité inédite depuis 90 ans, « le scénario du pire tant redouté » selon Météo France Réunion. Moins de deux mois plus tard, le 12 janvier, Dikeledi est passé à moins de 100 km de Mayotte, générant des pluies diluviennes. La même zone n’avait jamais connu la double occurrence d’un cyclone et d’une tempête tropicale en si peu de temps.
« Garance fait partie des 4 cyclones ayant donné les vents les plus violents »
La Réunion, épargnée ces dernières années, a subi de plein fouet le cyclone Garance le 28 février 2025. Son œil a traversé l’île du nord au sud, générant des rafales dépassant les 200 km/h sur la moitié est, tandis que l’ouest restait relativement épargné. Météo France Réunion rappelle que « Garance fait partie des 4 cyclones ayant donné les vents les plus violents à La Réunion depuis Jenny (1962), avec Firinga (1989) et Dina (2002) ».
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Les Terres Australes et Antarctiques Françaises ont elles aussi été exposées. Europa a subi trois phénomènes cette saison, tandis que l’archipel des Glorieuses a encaissé des rafales jusqu’à 200 km/h lors du passage de Chido. Par ailleurs, la Nouvelle-Amsterdam a probablement bénéficié du passage des restes de Vince et de Garance, qui auraient contribué à éteindre l’incendie sévissant sur l’île depuis la mi-janvier.
Ces cyclones ont laissé un lourd bilan humain et matériel. Chido est le plus meurtrier avec au moins 172 morts recensés, des centaines de disparus et des milliers de blessés.


