Conseil communautaire interrompu : la Cinor renvoie l’examen de plusieurs dossiers

Réuni ce jeudi 26 juin, le conseil communautaire de la Cinor a été marqué par le vote du compte administratif 2024, l’adoption à l’unanimité d’une motion sur les risques naturels mais aussi par une interruption de séance pour cause de perte de quorum. Plusieurs dossiers devront être reportés au 1 juillet.
Le conseil communautaire de la Cinor s’est réuni ce jeudi 26 juin à Saint-Denis, dans un contexte économique particulièrement tendu pour La Réunion. Plus d’une cinquantaine de rapports figuraient à l’ordre du jour, parmi lesquels le vote du compte administratif 2024 et l’examen de plusieurs projets structurants. La séance a également été marquée par l’adoption unanime d’une motion en faveur de la sécurisation des ravines et des cours d’eau, fortement dégradés par le passage du cyclone Garance.
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Dès l’ouverture de la séance, le président de la Cinor, Maurice Gironcel, a donné le ton, en soulignant l’aggravation de la situation économique dans l’île. Il a évoqué les conclusions du dernier bilan économique de l’IEDOM, qui alerte sur une dégradation persistante des indicateurs : hausse du chômage, explosion des dossiers de surendettement et inquiétudes croissantes du monde économique, alors que la campagne sucrière 2024 s’annonce catastrophique. Face à ce tableau sombre, l’élu a pointé la nécessité d’actions concrètes et immédiates, tout en appelant à une mobilisation collective dans la perspective du prochain Comité interministériel des Outre-mer (CIOM), annoncé pour le 10 juillet. "Le 2 juillet, nous tiendrons notre troisième conférence péi à Saint-Benoît. Des propositions y seront formulées pour alimenter les décisions du CIOM", a précisé Maurice Gironcel, en annonçant également le dépôt de trois motions à l’ordre du jour : l’une sur les risques naturels, une autre sur l’emploi et une troisième sur le développement économique.
Un excédent budgétaire de près de 20 millions d’euros
Dans ce contexte, le vote du compte administratif 2024 représentait un moment clé de la séance. Présenté par le vice-président Didier Gopal, le budget affiche un résultat excédentaire de 19,9 millions d’euros, avec 228,8 millions d’euros de dépenses et 248,7 millions d’euros de recettes. La section de fonctionnement enregistre un excédent de 22,7 millions d’euros, tandis que la section d’investissement est également bénéficiaire. Près de 31,5 millions d’euros de dépenses d’équipements ont été engagés au cours de l’année. "Ce qu’il faut retenir, c’est notre capacité à optimiser notre stratégie financière. Avec une épargne nette de 18,9 millions d’euros et une capacité de désendettement de 3,42 ans, nous sommes bien en deçà des seuils d’alerte", a souligné Didier Gopal.
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Ces bons résultats s’inscrivent dans le cadre du plan d’efficience et de performance (PEP’S), mis en place depuis 2022. Ce dispositif, combiné à une gestion rigoureuse des dépenses de fonctionnement et à une recherche active de cofinancements, permet à la Cinor de maintenir un haut niveau d’investissement, "malgré les contraintes économiques", insiste l'intercommunalité. Pour l’année 2024, 52 millions d’euros ont été investis, conformément à l’engagement de 300 millions d’euros sur la durée du mandat. Maurice Gironcel a réaffirmé la volonté politique de "continuer à développer le territoire nord" en citant des projets phares comme l’aménagement de la Plaine de Gillot, l’extension du TCSP Baobab, le développement du transport par câble, ou encore la protection des ravines dans une logique d’adaptation au changement climatique.
Cyclone Garance : la Cinor plaide pour une réponse d’État
C’est justement sur ce dernier point qu’est intervenue la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, en présentant une motion consacrée à la sécurisation des ravines et des cours d’eau, fortement impactés par le cyclone Garance. Le texte, adopté à l’unanimité, appelle à un renforcement de la mobilisation des services de l’État face à des risques naturels de plus en plus fréquents et violents.
"Les actions d’urgence menées depuis le passage du cyclone ont mis en lumière notre vulnérabilité. Il est impératif d’investir dans la résilience de notre territoire", a insisté le président de la Cinor.
Transport par câble, cimetière intercommunal, loyers : les grandes priorités
Plusieurs projets d’envergure ont également été présentés lors de cette séance, confirmant la dynamique engagée sur le territoire de la Cinor. Parmi eux, le lancement du deuxième téléphérique reliant La Montagne à Bellepierre, baptisé Payenke, le démarrage du centre éco-culturel de Quartier Français, dont les premières esquisses ont été dévoilées, ou encore la création d’une foncière économique.
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Le conseil a également validé l’extension du cimetière de Bois Rouge et la création d’un cimetière intercommunal à Sainte-Suzanne. Autre dossier notable : la délibération relative à l’expérimentation de l’encadrement des loyers dans le parc privé ultramarin, dite "loi Audrey Belim", qui vise à contenir la flambée des prix de l’immobilier et à protéger les locataires.
Une fin de séance précipitée par les absences
En dépit de l’ambition affichée, la séance n’a pu aller à son terme, faute de quorum. Plusieurs élus ayant quitté la salle, le conseil communautaire a dû être levé prématurément. Les rapports non examinés seront présentés lors d’une nouvelle séance programmée pour le mardi 1 juillet.


