Chikungunya : Mayotte en phase épidémique, plus de 740 cas confirmés

Depuis le 27 mai, Mayotte est officiellement en phase épidémique de chikungunya. Le virus circule activement sur tout le territoire, avec 746 cas confirmés depuis le début de l’année, principalement à Mamoudzou, Dzaoudzi et Pamandzi. Si les chiffres marquent une baisse apparente, les autorités sanitaires appellent à la prudence.
Le chikungunya s’installe durablement à Mayotte. Le 27 mai, l’île est passée en phase 3 du plan ORSEC « Arboviroses », signant l’entrée dans une phase épidémique. Selon le dernier bulletin de Santé publique France, 746 cas confirmés ont été recensés entre les semaines 10 et 22 de 2025, dont 161 rien que sur la dernière semaine observée. Une baisse de 29 % par rapport à la semaine précédente, mais qui ne doit pas tromper : « La circulation du virus reste active sur l’ensemble du territoire », avertit le rapport.
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La situation serait d’ailleurs largement sous-estimée. L’arrêt de la confirmation biologique systématique aux urgences, combiné à un accès limité aux soins pour une partie de la population et une saturation des services médicaux, empêche d’évaluer précisément l’ampleur de l’épidémie. À Mamoudzou, foyer principal, 272 cas ont été recensés, suivie par Dzaoudzi (126) et Pamandzi (114). D’autres communes jusqu’ici peu touchées, comme Koungou ou Bandraboua, voient la transmission s’intensifier.
L'épidémie de chikungunya en détails
Le virus touche principalement les jeunes adultes. Les 25-34 ans sont les plus représentés parmi les malades, suivis des 45-54 ans et 35-44 ans. Depuis le début de l’épidémie, 19 personnes ont été hospitalisées, dont 7 nourrissons de moins d’un an et 11 femmes enceintes. Un premier cas grave a été admis en réanimation néonatale cette semaine, mais aucun décès n’a été rapporté à ce jour.
Face à cette situation, les autorités rappellent l’importance des gestes de prévention : éliminer les gîtes larvaires, se protéger contre les piqûres de moustiques, et signaler les cas. Une campagne de vaccination gratuite, lancée en avril pour les personnes à risque, est toujours en cours, avec des recommandations spécifiques selon les tranches d’âge et les comorbidités.
En parallèle, quatre nouveaux cas de dengue ont été signalés cette semaine, portant le total à 25 cas en 2025. Si cette autre arbovirose ne montre pas de tendance haussière nette, les autorités sanitaires restent vigilantes.
La surveillance est compliquée par les limites structurelles du système de santé mahorais. Mais malgré les difficultés, les équipes sur le terrain s’efforcent de maintenir une veille active dans les quartiers précaires, les infirmeries scolaires et les urgences hospitalières. Santé publique France alerte : les données doivent être interprétées avec prudence. L’épidémie pourrait être plus importante qu’elle ne le paraît.


