Les Chroniques de Tonton Jules #176

Entre Macron qui se prend pour Devos, une vieille dame de 84 ans expulsée de sa propre maison, des poêles empoisonnées tolérées par l’Europe et Poutine qui se prépare à assassiner Zelinsky, rien de bien folichon, avouons-le !
Une société de bâtiments assassine
Cette société, que je ne nommerai pas par pure charité chrétienne, construit des logements dits « sociaux ». Au prix d’expropriations qui le sont beaucoup moins… avec la complicité très active de la mairie de Saint-Paul. On se demande bien quels dessous de table se camouflent sous ces tractations pour le moins fumeuses. Cette information, qui a provoqué en moi une empathie profonde en même temps qu’une sourde colère, concerne une vieille dame de 84 ans habitant sa propre maisonnette dans les hauts de Saint-Paul côté Savanne. Tout un lotissement est dans les cartons, le plan d’aménagement est paré nickel chrome, les maisons « sociales » sont prêtes aussi. Mais il y a un « hic » : au milieu du lotissement se trouve la modeste maison d’une dame de 84 ans qui refuse de vendre ce qui lui vient de famille, une bien modeste parcelle soit dit en passant. Les promoteurs décident de purement et simplement éliminer la difficulté en faisant expulser cette dame de chez elle. Allo, la mairie ? La mairie, qui n’a rien à refuser à un promoteur immobilier pourvoyeur de logements sociaux qui lui font tant défaut, vote tout simplement l’expropriation pour cause d’utilité publique. Cette procédure est totalement légale et est souvent employée. Mais le respect de la légalité n’empêche pas un minimum d’humanité : on aurait très bien pu créer ce lotissement « autour » de la petite parcelle de cette vieille dame. Quitte à préempter sa propriété pour le jour où elle s’en irait et avec son accord. Si un de ces quatre on la trouve devant chez elle fusil à la main, indiquez-moi le calibre, je fournis les munitions !
Trois heures de conférence… pour ne rien dire : Macron se prend pour Raymond Devos !
« Je n’ai rien à dire et je veux que cela se sache ! » Chacun se souvient de ce sketch, un des plus drôles de Raymond Devos. « On en parle, on en discute ; je ne suis pas ennemi du colloque ». Sauf que Jupiter, lui, n’en a pas discuté une seconde. Il a asséné des banalités à faire bailler une moule sur son rocher ; a rejeté de façon méprisante les propositions des syndicats ; a jeté par-dessus les moulins non pas son bonnet mais l’idée-même de référendum… jusqu’à ce qu’il ait le temps d’y penser un de ces jours. Alors, d’ici quelques mois (ou plus), c’est lui et personne d’autre qui le jettera à la gu… de… de nous, au fait ! Il est difficile de plus mépriser la France et la fonction que l’on occupe. Et il ose en appeler au Général, lequel De Gaulle s’est préoccupé de la France et des Français mais jamais à lui-même. Il ne se sent pas à l’étroit dans ses grolles, là, Jupiter ?
La A-69 ou comment sauter par-dessus le peuple
Le coup a déjà été tenté et réussi par le ludion de l’Elysée, je veux parler de Sarkozy. Le peuple français ayant voté contre le projet de constitution européenne concocté par Giscard, à savoir un ramassis de lois économiques n’ayant rien à voir avec une vraie constitution, laquelle est un ensemble de droits et devoirs incontournables. La France est contre ? Qu’à cela ne tienne : on convoque le Parlement en Congrès à Versailles et hop ! Passez muscade. Ben là, des sénateurs du sud-ouest présentent au Sénat un projet de loi parce que le tribunal administratif a annulé la construction d’une autoroute de 29 km entre Toulouse et Castres, une pseudo-autoroute inutile, voire nuisible, les écologistes l’ont bien démontré. Ce pourquoi le tribunal administratif a annulé le permis de construire. Oui mais voilà ! D’énormes intérêts financiers sont en jeu, dessous de table non compris. Pas de pétard, les enfants ! Projet annulé ? La belle affaire ! On va faire voter au Sénat une loi qui supplantera la décision administrative. Les Français ne sont pas d’ac’ ? On s’en tamponne le coquillart avec une patte d’alligator (femelle).
Les poêles non poilantes !
Je ne citerai pas la marque de poêle en question sinon cousin Pierrot va encore me retrousser les bretelles… Mettons une marque très connue. Le revêtement Tefal de ces engins est d’une nocivité sans égale pour le corps humain. Mais Jupiter et ses potes du Parlement de Strasbourg ont réussi à ne pas faire interdire cette marque par l’Europe. Car il importe de ne pas faire de croche-pattes aux amis des multinationales et de la grande finance. Le consommateurs s’empoisonnent de nano-particules ? Et alors ? Et après ? Et le CAC-40 alors, c’est de la pisse de bib’, ça ?
La plaine de Kawéni méconnaissable
Nous avons tous vu ces images de Kawéni, Mayotte. Des images poignantes du plus grand bidonville de France. Quelle honte pour la patrie de liberté-égalité-fraternité ! Des milliers de personnes, des immigrants, irréguliers ou pas, je m’en fous ! Qui vivent dans le dénuement le plus total, sans boulot, sans école, sans soin, sans eau, sans électricité, ne comptant, au mieux, que sur l’apport des ONG. Mon propos n’est pas là : je ne vais pas refaire en moins bien ce que Jean-Marc Colienne a si bien raconté (sans misérabilisme) sur la 1ère. Je repense très souvent à ce qu’était Kawéni du temps où j’y habitais (je demeurai à Mayotte de 1981 à 1985). Une immense cocoteraie de plusieurs dizaines d’hectares où les seules habitations étaient le logement administratif du directeur du lycée, M. Souche ; la maison de l’importateur de riz… et la mienne, propriété de ce même homme. Un petit carré d’un hectare avait été dévolu à des agriculteurs pour leurs semis saisonniers. Les seuls bruits que l’on y entendait étaient ceux du vent et les cris des makis hurlant à la mort quand j’osais jouer de la guitare (ils ont très mauvais goût !) Sur les écrans, j’ai cherché en vain « ma » maison ainsi que l’immense manguier-papaye, un fruitier ne donnant que cinq à six fruits par an (miam ! miam !), des fruits succulents plus gros qu’une papaye, d’où son nom. Maintenant, j’évite de regarder… J’aimais ces êtres, ces Mahorais, ces Comoriens, ces Anjouanais, ces Mohéliens… Je pouvais sortir de chez moi plusieurs heures durant sans verrouiller ma porte, je n’ai jamais perdu ne fût-ce qu’une allumette ! Je ne regarde plus. Trop mal, les gars.
A bientôt, les enfants !


