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L’export devient de plus en plus vital pour La Réunion

Ecrit par Julien Delarue – le mardi 8 avril 2025 à 17H17

Entre contraction du marché local et tensions internationales, le Club Export Réunion plaide pour un sursaut stratégique. Sa présidente Dominique Valgresy appelle les entreprises à franchir le pas de l’international, malgré les obstacles.

Surcoûts logistiques, incertitudes géopolitiques, frein à la consommation locale : jamais le contexte n’a paru aussi peu favorable à l’export. Et pourtant, c’est bien vers l’international que se tourne le Club Export Réunion, convaincu qu’il s’agit là non plus d’une simple opportunité, mais d’une nécessité. « Le marché local aujourd’hui, avec le contexte économique actuel, nous force à regarder à l’international, quand bien même il y a des contraintes, des freins, une fiscalité plus lourde », affirme Dominique Valgresy, nouvelle présidente du Club Export. « À partir de notre savoir-faire, il faut tenter le marché de l’export. »

Dans un climat où le protectionnisme américain resurgit et où les droits de douane redeviennent une arme politique, notamment avec les menaces de Donald Trump, la conquête de nouveaux marchés n’a rien d’un long fleuve tranquille. Mais pour Dominique Valgresy, chef d’entreprise implantée dans le secteur agricole avec le groupe réunionnais GMD SAS, c’est précisément ce contexte difficile qui impose un changement de modèle. « L’ouverture vers l’extérieur devient un levier stratégique pour renforcer la résilience de notre tissu économique. La Réunion ne manque ni d’atouts ni de talents », rappelle-t-elle. Encore faut-il oser.

Elle sait de quoi elle parle. « Je suis un pur produit du Club Export », confie-t-elle. Après 15 ans dans la banque, elle se lance dans l’agroalimentaire et reste longtemps cantonnée au marché local. Sa rencontre avec le réseau change la donne : implantation prévue à Maurice en 2025, mission de prospection au Rwanda, participation à un CEO Summit à Madagascar avec une distinction à la clé. « Combien osent franchir le cap ? Combien savent si leurs produits peuvent fonctionner à l’étranger ? La Réunion a un potentiel énorme à l’international. »

« Une façon de porter haut la marque La Réunion »

Mais pour se hisser à la hauteur, encore faut-il être mieux armé. Avec un bureau renouvelé fin 2024 et de nouveaux administrateurs issus d’entreprises à forte dimension export, le Club entend jouer son rôle de catalyseur. Le partenariat signé récemment avec la French Tech Réunion s’inscrit dans cette logique d’ouverture, avec une offre de services adaptée aux start-up, à petits budgets mais grands potentiels.

Aujourd’hui, un peu moins de 1.000 entreprises réunionnaises exportent, selon les estimations. « Au-delà de l’export de biens, on a des prestations de services qui interviennent dans la zone océan Indien, et qu’il faut mieux comptabiliser. Il y a aussi un travail à faire avec la douane », précise la présidente. Les secteurs jugés prometteurs ? Le bâtiment tropical, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, les formations et les technologies. Des niches, mais à haute valeur ajoutée.

Face aux surcoûts de fret, à la logistique complexe et à un marché mondial incertain, le Club veut affiner sa stratégie, mieux cibler les pays à potentiel et accompagner plus efficacement. « Notre mission est claire : nous appuyer sur ceux qui ont réussi à l’international pour inspirer et accompagner les autres. L’export, c’est souvent l’inconnu, on pense que ce n’est pas à notre portée. Mais c’est d’abord un choix stratégique. Et une façon de porter haut la marque La Réunion. »

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Etiquettes : Entreprises

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