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Garance : Vanessa Miranville face à la colère de ses administrés

Ecrit par Maxime Bonnet – le mardi 25 mars 2025 à 20H06

Ce mardi soir, la mairie de La Possession a organisé une réunion publique sur l’après-Garance dans la commune. L’occasion pour les habitants de s'exprimer face à Vanessa Miranville sur les difficultés qu'ils rencontrent depuis le cyclone.

Ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement pour écouter Vanessa Miranville et son équipe justifier leurs actions dans les jours qui ont suivi Garance, ainsi que le suivi des dossiers des nombreux sinistrés.

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Entre les ravines qui débordaient, les coulées de boue et les trombes d'eau qui sont tombées sur la commune de l’Ouest, des quartiers entiers ont été isolés et la population s'est retrouvée sous le choc. C'est ce message qu'une centaine de personnes, présentes au gymnase Gaston Dumesgnil, souhaitait faire passer à la majorité municipale.

"On va lancer les travaux d’urgence avant la prochaine saison cyclonique"

Face à la colère et à l'incompréhension, Vanessa Miranville tente de se justifier : "Nous avons mis en place tout ce qui pouvait l'être rapidement. Désormais, nous devons comprendre comment se comporte l'eau et pourquoi elle s’évacue mal. Nous allons donc lancer des études hydrologiques. Cela va nous permettre d'identifier les endroits importants et de lancer des travaux avant la prochaine saison cyclonique", annonce Vanessa Miranville, qui confirme être également contrainte par l'état des finances de la ville, en raison du désengagement de l’État.

De la même manière, la mairie confirme que "personne ne sera expulsé, sauf en cas de décision de justice. Le fonds Barnier permet aux propriétaires de céder leur maison s’ils ne souhaitent plus y habiter. Normalement, c'est à l’État d’acquérir ces terrains, mais en Outre-mer, c'est aux mairies de le faire. On a demandé comment cela peut se faire, mais nous attendons une réponse", explique Vanessa Miranville.

Colère des habitants devant l’imbroglio administratif

La phase d’échange avec les habitants a été un moment compliqué pour les élus possessionnais, qui ont dû répondre aux interrogations tout en pointant les limites de leurs capacités d’action. "Envoyez l’armée si cela vous chante, mais il faut que quelqu'un nettoie la ravine des Lataniers. C'est vous qui créez ces zones rouges. J’habite depuis 1973 dans le quartier et c'est la première fois que les hauts sont inondés comme ça", s’agace un Possessionnais lorsque l'on lui répond que c'est une compétence de l’État. Un millefeuille administratif qui alimente encore davantage la frustration exprimée face à des décideurs dont rien ne semble jamais relever du champ d’action.

"On a découvert des ouvrages orphelins, qui n'étaient sur aucune carte. Pas entretenus depuis des années, ils ne remplissaient plus leur rôle de déversement. Résultat, l'eau s’est déversée dans la rue du 20 décembre", tente d’expliquer Christophe Dambreville, premier adjoint à la mairie.

Au micro, Christophe Dambreville, premier adjoint à la mairie de La Possession

Même son de cloche pour cette autre habitante, qui pointe une urbanisation galopante. "Dans le quartier de Ravine à Malheur, c'est vous qui avez construit cette route, et dès qu’il pleut l'eau ne s'écoule pas. Pareil chemin Secret, les galets et les déchets s’accumulent à chaque pluie. Les caniveaux sont sous-dimensionnés et ils ne sont pas entretenus. Et surtout, si on est inondés, c'est parce que vous avez bétonné partout. Les fameux 3 % de surface perméable, je ne sais pas où vous les voyez !"

De nombreux riverains des zones touchées font part de leur frustration de voir leurs biens soudainement menacés par un cours d’eau. "À la Grande Chaloupe, on voit que ça coule depuis Bellal, ce n’était pas comme cela avant", lance une autre habitante, marquée par le débit qu’elle a pu observer. "Maintenant, au bout d’une heure de pluie, je recommence à voir la boue couler sur mon terrain. Hier encore, les voitures avaient du mal à passer, c'est inquiétant", témoigne cette autre Possessionnaise qui espère des travaux pour mieux protéger sa parcelle.

En tout cas, l’endiguement d'une partie des rives des ravines n’est pas à l’ordre du jour pour la ville. "C’est un calcul bénéfice-risque, rapporté au nombre d’habitants. Cela nous coûterait des millions et, à des endroits comme la Grande Chaloupe, ce n’est pas envisageable. Je dois être honnête là-dessus", tente de rassurer Vanessa Miranville.

Après avoir été un peu chahutée, la maire promet de maintenir ce type de dialogue et assure un suivi sur les dossiers abordés ce jour.

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