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Manutention portuaire : la COR veut tourner la page de la crise financière

Ecrit par Thierry Lauret – le lundi 24 février 2025 à 18H53
Capture page FB la COR

Avant de céder son poste de P-D.G de la Coopérative ouvrière réunionnaise (COR), Jean-Daniel Clotagatide avait informé actionnaires et salariés du départ de la directrice financière, accusée d'actes irréguliers. Le nouveau président, Thomas Paniandy, se dit confiant sur les capacités de redressement de cette société atypique de manutention portuaire.

Dans le petit monde très concurrentiel des acconiers du port de la Pointe des Galets, où certaines des plus grosses compagnies mondiales sont représentées, la Coopérative ouvrière réunionnaise (COR) fait figure d'entreprise à part.

Pas seulement en raison de son statut de coopérative, qui octroie à la plupart des salariés un statut d'actionnaire, mais aussi à cause de son ancrage politique et historique imprégné des grandes luttes syndicales de la place portuaire. Plus de trente ans après sa création, la COR traverse une période de crise financière, en même temps qu'une profonde mutation interne.

L'un des symboles de la coopérative ouvrière, Michel Séraphine, a ainsi récemment quitté le navire, dont il est l'un des fondateurs. L'ancien secrétaire général de la CGTR Ports & Docks nous explique avoir cédé son fauteuil au conseil d'administration parce que l'âge ne lui permettait plus d'exercer ses fonctions. « Il aime plaisanter en disant que lorsqu'il reposera au cimetière paysager du Port, il pourra nous regarder travailler toute la journée », confie un membre du conseil d'administration, qui assure que « son empreinte a marqué et marquera toujours la COR. »

Lire aussi : La Coopérative Ouvrière Réunionnaise en grande difficulté financière

En novembre dernier, la publication par Zinfos974 d'un rapport d'expertise financière sur les quatre entreprises de la COR (SCOP la COR, COR Logistique, COR Industrie et Transport Logistique Réunion) avait déclenché un séisme au sein du conseil d'administration. Une réplique, d'une plus grande ampleur, de celui provoqué par le droit d'alerte exercé par les représentants du personnel du CSE, à l'origine de la réalisation de l'audit.

« Cette situation est désormais sous contrôle »

Suite à notre article, le P-D.G d'alors Jean-Daniel Clotagatide avait écrit aux salariés pour les « rassurer quant à la stabilité et à l'avenir de la COR. » Mais de l'aveu d'un administrateur, ce sont surtout les partenaires de la COR qui avaient été secoués par l'annonce des résultats d'exploitation déficitaires des différentes sociétés du groupe.

« Nous avons pris la décision de nous séparer d’un cadre de direction en raison de ses actes irréguliers en matière, notamment, de finances et d’investissement, que nous avons découverts très récemment à l’occasion d'un audit interne réalisé par un expert, ainsi que d’un rapport de nos commissaires aux comptes. Cette décision était essentielle à la protection des intérêts du groupe COR et de ceux de nos clients et partenaires. Nous tenons à souligner que cette situation est désormais sous contrôle et que des mesures ont été mises en place pour assurer la continuité de nos opérations », assurait dans son courrier Jean-Daniel Clotagatide.

COR, financière
Capture page FB la COR

Le licenciement de la directrice financière considérée comme fautive a été suivi par un renouvellement, début 2025, du conseil d'administration. Avec en point d'orgue le départ de Michel Séraphine et la nomination de Thomas Paniandy au poste de président-directeur général.

Le parcours du nouveau patron des dockers de la COR apparaît comme emblématique : embauché il y a près de 20 ans dans la coopérative comme manutentionnaire, Thomas Paniandy a gravi tous les échelons jusqu'à devenir directeur d'exploitation, puis P-D.G.

« Notre business est lié aussi à l'économie de La Réunion : on décharge beaucoup de ciment, d'acier ou de bois et vu que le secteur du bâtiment est en baisse, cela créé aussi ce dérèglement pour nous. Pour pallier cette économie en dent de scie, on a imaginé construire un entrepôt logistique qui sera proposé aux partenaires économiques », explique encore notre source à la COR.

Ce dépôt logistique nouvelle génération, classé ICPE, pourra accueillir plus de 4.500 palettes de sec et 2.500 palettes de froid négatif, offrant une solution de stockage directement disponible au déchargement des produits du bateau. La livraison du bâtiment est annoncée pour la mi-2025.

Si la trésorerie de la société a été bien entamée ces derniers mois, l'entreprise compte sur ses capitaux propres pour traverser la crise, en même temps que sur l'espoir de convaincre de nouveaux partenaires financiers.

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