Projet MEREN : le basculement des eaux du Nord à l'Est a pris du retard

A l'origine prévue pour cette année, la première tranche du projet MEREN, qui basculera l'eau de Saint-Denis vers Saint-André, ne devrait débuter qu'en 2027, pour une livraison attendue en 2035. La seconde tranche des travaux, qui prévoit un dispositif spécifique entre Bras-Panon et Saint-Benoît, est attendue pour 2040.
Lors que le Conseil général a lancé son chantier du siècle, celui du basculement des eaux d'Est en Ouest dans les années 1990, personne ne s'imaginait que la microrégion Est subirait un jour les affres de la sécheresse.
C'est en tout cas le postulat posé en préambule par Alexandre Moullama, responsable de la cellule aménagement hydraulique au Département. Avec le projet MEREN, dit-il, « on va permettre de doter l'Est d'un outil qui existe dans l'Ouest ». Un rééquilibrage du territoire et une forme de lutte contre ce que beaucoup d'habitants vivent comme un abandon des pouvoirs publics. Voire une injustice.
Le projet MEREN (Mobilisation des Ressources en Eau des micro-régions Est et Nord) constituerait donc la réponse du Département au défaut d'accès à l'eau brute ou potable dont souffrent, notamment, les habitants de Saint-André, Bras-Panon et Saint-Benoît.
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En revanche, le projet MEREN n'apportera aucun changement pour les Salaziens, confrontés depuis plusieurs semaines à des coupures d'eau. « Le captage de la rivière du Mât pour le transfert des eaux d'Est en Ouest est positionné après Salazie, donc il n'a aucun impact pour les habitants », souligne Amélie Navarro, en charge du basculement des eaux au Département.
Le projet de route départementale en stand-by
Idem pour les Sainte-Rosiens : la résolution de leur problème de difficulté d'accès à l'eau devra passer par d'autres solutions, dont certaines sont déjà en cours comme le remplacement des canalisations défectueuses.
Imaginé au début des années 2010 sous la mandature de Nassimah Dindar, le basculement des eaux du Nord à l'Est, à l'époque évalué à 480 million d'euros, s'effectuera en deux étapes. La première, dénommée MEREN Nord et dont les travaux sont désormais reportés à 2027 (la précédente programmation tablait sur 2025), doit permettre de transférer de l'eau de Saint-Denis à Saint-André, via une conduite maîtresse.

« On va intercepter l'eau de la galerie Salazie amont, via les captages de rivière du Mât et rivière Fleurs Jaunes, pour pouvoir distribuer une partie de cette eau de Saint-Denis à Saint-André. On va construire un réservoir de 30.000 mètres cubes pour stocker l'eau, puis une conduite maîtresse de Sainte-Marie jusqu'à Saint-André, et des réseaux de distribution », résume Alexandre Moullama.
Le projet de route départementale qui devait accompagner la conduite d'eau, pour offrir une alternative à mi-hauteur aux automobilistes contraints d'emprunter la RN 2, semble en revanche en stand-by, voire remisé dans un placard.
Réutilisation des eaux de la station du Grand Prado
A terme, MEREN Nord doit permettre d'irriguer 3.000 hectares, principalement des terres agricole, et fournir de l'eau brute aux EPCI (établissements publics de coopération intercommunale), mais aussi aux entreprises des zones économiques comme le pôle canne à sucre de Bois-Rouge.
Le projet MEREN Nord comprend par ailleurs un volet de réutilisation d'une partie des eaux traitées par la station d'épuration du Grand Prado, en vue de l'irrigation de 400 hectares de surfaces agricoles à Sainte-Marie. « On va appliquer un procédé d'affinage supplémentaire, l'eau sera de classe qualité A, la plus haute, pour qu'on puisse l'utiliser sur toute type de culture, dont le maraîchage », ajoute le responsable du projet MEREN.

Concernant MEREN Est, qui s'étendra de Bras-Panon à Saint-Benoît, les premières évaluations évoquent 17 millions de mètres cubes d'eau transférés pour le volet agricole, 9 millions de m3 pour sécuriser la distribution d'au potable et 4 millions de m3 pour les activités économiques.
Le procédé technique retenu pour l'Est privilégiera l'exploitation des nappes phréatiques. « L'alimentation s'effectuera via une galerie drainante, à partir de la Plaine-des-Palmistes ou Saint-Benoît, pour essayer de récupérer de l'eau directement dans les nappes phréatiques. On envisage autour de 8 km de conduite maîtresse et des réseaux secondaires à définir, pour irriguer environ 2.200 hectares. On va lancer les études préliminaires MEREN Est, dont la réalisation des forages. On a déjà le canevas vers quoi on s'oriente », informe Alexandre Moullama.
Si le début des travaux de MEREN Est n'interviendra pas avant 2030, les communes de la Cirest ont déjà entamé des travaux de sécurisation de la ressource en eau, avec l'accompagnement du Département. Saint-Benoît et Bras-Panon étudient ainsi la possibilité d'une interconnexion de leurs réseaux via le forage Harmonie, un projet qui préfigure le mode opératoire du déploiement de MEREN Est.
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