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Le Port : Un lotissement de la Semader prend l'eau

Dix-neuf ans, c'est le triste record d'existence d'un immeuble de la Semader dans la cité Coture au Port. Record puisque selon les résidents de la cité Herbert Spencer, les soucis ont commencé dès leur entrée dans leur appartement. Aujourd'hui, ils refusent d'attendre encore plus longtemps des rafistolages de ci de là. Leur sécurité est en jeu, clament-ils.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 12 mai 2011 à 18H18

Loin d'être une exception, ce sont tous les appartements qui semblent être affectés par un mal qui ronge l'intérieur de la structure. L'ennemi numéro 1 : l'eau. L'eau qui s'infiltre et le plus étonnant, même en dehors des périodes de pluies.

Vivienne, la représentante des locataires, et elle-même résidente depuis 15 ans, s'exprime au nom du groupe attroupé en bas de l'immeuble. Les griefs s'enchaînent comme un chapelet, l'exaspération est là. "Fissures, autant dans les murs que dans le carrelage, moisissure dues aux fuites, infiltrations dans les compteurs, remontée d'eau dans les éviers ou dans les WC, câblage électriques à refaire dans certaines habitations".

 Aller au plus urgent

En tout, ce sont 144 appartements qui agonisent. Deux d'entre eux ont même été vidés de leurs occupants à cause de murs branle-ballants selon les familles.

 

"Même quand la pluie i tombe pas, néna des infiltrations d'eau dans la cuisine, au-dessus de la chambre du bébé ou même dans le salon", explique Catherine Méra, une locataire. "Il faut agir", poursuivent Dominique Romély et Jean-François Fromens qui ont troqué leurs associations respectives pour un tout frais "Collectif pour la défense des intérêts des contribuables de la Réunion".

"Nous donnerons une suite judiciaire en concertation avec notre avocat pour péril en la demeure", promet Jean-François Fromens. Par ici, une couche de peinture pour masquer les moisissures, là un étaiement pour soutenir un plafond qui s'affaisse, bref, des travaux de réparation "au plus urgent" ont été effectués par le bailleur social, la Semader.

Les jardinières des balcons menacent de tomber

Selon les résidents, leurs doléances n'ont été que lettres mortes depuis 10 ou 15 ans. "Nout avis lé soi-disant noté par le concierge qui doit remett' ça à la Semader, mais nous la jamais vu la couleur", s'emportent les femmes qui montent en première ligne.

Montrée du doigt à l'unanimité par les résidents, la Semader confesse que la situation particulière de la résidence Herbert Spencer dans le quartier Coture du Port couvre une problématique qui traverse la société réunionnaise. "La problématique de l'habitat nous oblige à la fois à couvrir les demandes dans le neuf mais aussi la réhabilitation de l'ancien", répond Joël Personné, directeur de la Semader depuis deux ans.

 

Mais le cas de cette résidence est en cours d'expertise. "Le bureau d'études doit nous remettre son rapport sur la structure de la résidence Spencer à la fin de la semaine prochaine", promet-il. De cette connaissance de ce rapport viendra une concertation avec les habitants. D'ailleurs, une réunion la semaine prochaine avec ces derniers est envisagée par la Semader. "En attendant la conclusion de ce rapport, nous interviendrons notamment sur les jardinières (qui surplombent les balcons des appartements, ndlr) qui s'effritent et menacent de tomber sur des personnes en dessous", ajoute Joël Personné.

Début des travaux en 2012 ?

Questionné sur la moyenne habituelle d'intervention dans le parc de la Semader, Joël Personné précise que celle-ci a lieu en moyenne après 15 ans de vie du bâtiment. Ce qui laisse supposer que des malfaçons étaient bien là dès l'origine des bâtiments si l'on en croit la forte dégradation. Dans un demi-aveu, le directeur de la Semader explique qu'effectivement, à l'époque où a été construite la résidence, la logique de construction était "différente". Une manière de dire sans doute que les matériaux utilisés et la construction en elle-même n'avaient pas été conçus pour durer.

Plus globalement, "notre conseil d'administration a validé en 2010 un plan de réhabilitation de 47 millions d'euros pour les 5 prochaines années (2010-2015)". Soit une réhabilitation effective pour 1.500 logements sur les 6.500 que compte le patrimoine du bailleur. "Selon la nature des conclusions du rapport, nous fixerons une certaine hiérarchie dans les immeubles à rénover. La cité Spencer fera partie des premières à l'être", assure le directeur de la Semader.

"Des travaux de fond pourraient commencer en 2012" envisage déjà Joël Personné qui "ne doute pas que, quelque soit l'option choisie, la note sera élevée pour la Semader". Mais entre simples travaux et réhabilitation de grande envergure, les résidents ont vite fait de choisir. "Nous la peur dormir dans ces logements", conclut une mère de famille. "Une nuit à éponger les fuites sur les murs et sur les sols, c'est ça nout réalité".

 

 

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