USA : deux méga-ouragans en deux semaines, La Réunion va elle aussi connaitre des cyclones plus violents

Un contexte climatique alarmant
Milton a été précédé par l’ouragan Helene, qui a frappé la région moins de deux semaines plus tôt. La tempête a traversé le golfe du Mexique, où les températures de l'eau étaient anormalement élevées, contribuant à la rapidité de son renforcement.
Ces événements récents soulignent l'impact du réchauffement climatique, qui modifie non seulement les dates de début et de fin de la saison des ouragans mais augmente également leur intensité.
Les scientifiques s'accordent à dire que bien que le nombre total d'ouragans ne semble pas augmenter, ceux qui se forment sont susceptibles de devenir plus puissants, avec des vents plus forts et des précipitations plus intenses.
Cette année, bien que le nombre d'ouragans ait été inférieur aux prévisions aux Etats-Unis, les tempêtes qui ont touché terre ont été particulièrement dévastatrices.
Des vents de 295 km/h
De l’autre côté de la planète, l’île de La Réunion devrait également être concernée par ces évolutions climatiques.
Le réchauffement des températures de la mer dans l’océan Indien, tout comme dans l’Atlantique, augmente le risque de tempêtes plus puissantes.
La Réunion, déjà habituée à être impactée par des cyclones tropicaux, doit se préparer à des événements météorologiques de plus en plus extrêmes, résultant de la crise climatique mondiale.
Rappelons par exemple que lors du passage du cyclone Irma aux Antilles en septembre 2017, les services de Météo France ont enregistré des vents maximums atteignant 295 km/h. Pratiquement toutes les maisons avaient été détruites. Et les experts disent qu'il y a de fortes chances pour que La Réunion connaisse tôt ou tard des cyclones d'une intensité équivalente.
Des inondations et la côte grignotée
L’élévation du niveau de la mer, causée par le changement climatique, entraîne également des vagues plus dangereuses.
L’ouragan Milton a provoqué des inondations dues aux vagues sur la côte, et des phénomènes similaires pourraient toucher La Réunion si la tendance se poursuit. Déjà, des portions de nos côtes sont régulièrement submergées à l’occasion de cyclones ou simplement de phénomènes de houles australes, obligeant Météo France à placer toute la côte ouest et sud-ouest en vigilance vague-submersion. Saint-Paul, Saint-Leu, l’Etang-Salé et Saint-Louis sont régulièrement touchés et il est à craindre que ces phénomènes ne se multiplient et gagnent en intensité.
Une donnée que doivent prendre en compte les maires et les élus régionaux dans l’élaboration de leurs PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) et autre SAR (Schéma d’Aménagement Régional) en interdisant les constructions trop près de la côte et en prévoyant un renforcement des endroits les plus vulnérables.
L’exemple le plus frappant est peut-être l’érosion de la mer au Port, à proximité des cuves de la SRPP abritant le stock de carburant de l’île.
Ravines qui débordent, routes emportées
Par ailleurs, les ouragans récents aux États-Unis mais aussi les récentes tempêtes qui ont frappé la France cette semaine ont occasionné de très fortes pluies. Il est tombé à certains endroits l’équivalent de six mois de pluie en quelques heures.
Là aussi, notre île devrait connaitre les mêmes phénomènes, avec leur lot de conséquences dramatiques dues au relief particulièrement tourmenté de notre département : ravines qui débordent, radiers submergés, routes détruites et maisons emportées.
Et comme les hommes sont incapables de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effets de serre, il est à craindre que les cyclones que connaitront nos enfants et petits-enfants ne soient d’une force et d’une violence que nous avons encore du mal à imaginer aujourd’hui.


