À la Possession, une famille probablement contrainte de démolir sa maison

"C'est un terrain qui appartenait à mes ancêtres", confie Joseph D. qui a ensuite fait bâtir, sur cette parcelle située dans le quartier des Lataniers à la Possession, une maison en kit qu'il a léguée à sa fille. Celle-ci s'est installée avec son compagnon et sa fille de trois ans dans la maison de type chalet. Mais, ce qu'elle ne savait peut-être pas, c'est que pendant la construction, en juillet 2016, la DEAL, la Direction de l'environnement de l'aménagement et du logement, avait fait remarquer qu'aucune demande de permis de construire n'avait été déposée pour ce chalet en bois de 37m2 dont 23m2 habitables.
D'autant plus que le plan local d'urbanisme (PLU) n'avait pas été respecté, le terrain étant situé dans un espace naturel protégé. En 2019, le PLU avait été révisé et le terrain avait à nouveau été classé en zone non constructible, comportant un risque fort d'inondation et de mouvement de terrain. En dépit de ces éléments, les propriétaires avaient créé une extension et en avaient profité pour tenter de rentrer dans le droit chemin en déposant une demande d'autorisation auprès des autorités.
Le cyclone Belal a fait beaucoup de dégâts dans cette zone
Une demande refusée pour les mêmes raisons : un secteur naturel remarquable à protéger, une zone écologique offrant des caractéristiques biologiques importantes, avait rappelé la DEAL. "Le cyclone Belal y a fait beaucoup de dégâts", a précisé son représentant, présent dans le prétoire de la cour d'appel. Joseph, sa fille et son ancien compagnon, ont en effet interjeté appel de la décision prononcée par le tribunal judiciaire de Saint-Denis en septembre 2023.
Si les prévenus ne réfutent pas leur culpabilité, ils ont essayé de convaincre les magistrats de la cour de ne pas ordonner la démolition de la maison, comme cela a été le cas en première instance. Un pari difficile puisque du côté du parquet général, les arguments de la DEAL ont convaincu. Aucune circonstance atténuante n'est venue infléchir l'avis de l'avocate générale qui a demandé à la cour de confirmer la décision des premiers juges.
L'avocat des intéressés, le bâtonnier Georges-André Hoarau, a mis l'accent sur la difficulté pour la jeune mère sans ressources et sans travail de retrouver un logement. Bille en tête, le conseil a brandi une photo de la maison de ses clients entourée par de nombreuses autres constructions. "Tout devra alors être évacué avant la saison cyclonique", a tonné la robe noire.
La décision a été mise en délibéré au 31 octobre prochain.


