310 colis en deux mois et 700.000 euros de marchandises pour ce trafic Pays-Bas-Métropole-Réunion

Une livraison surveillée à la Plaine-des-Cafres dans une entreprise, le 28 février dernier, un colis contenant deux kilos de résine de cannabis puis, un second chargé de 571 grammes de cocaïne adressé au fils d'une des secrétaires de la société en question, c'est ainsi que tout commence. En mars 2024, un nouveau paquet livré à la même adresse est intercepté par les forces de l'ordre. Il contient 440 grammes de poudre blanche, pure à 80%, suivi d'un quatrième contenant 275 grammes de cathinone, une drogue de synthèse qui circule de plus en plus dans le département.
Une enquête préliminaire est ouverte et permet de mettre la main sur deux destinataires de ces différents colis grâce notamment au numéro de téléphone qui y figure toujours le même. En mai dernier, les deux mis en cause qui utilisaient différentes identités sont perquisitionnés. Chez l'un d'eux, 100.000 euros sont découverts en espèces.
Les quatre colis représentent 700.000 euros de marchandises. Une information judiciaire est alors ouverte. Théo L. et Benjamin D. sont mis en examen pour association de malfaiteurs et blanchiment. Suite à un réquisitoire supplétif du procureur de la République de Saint-Denis, d'autres infractions s'ajoutent aux premières.
"Mon client est un attardé mental"
En garde à vue, les deux intéressés balancent des noms. L'enquête avance et met en lumière un trafic de stupéfiants mené par deux frères réunionnais considérés comme les têtes de réseau présumées. Entre juin et juillet 2024, 310 colis en provenance du Val de Marne (94) ont été adressés à La Réunion. Les filatures et les écoutes téléphoniques se multiplient.
Le trafic nécessite en effet plusieurs complices qui auraient tous été observés en flagrant délit de voyages en Hollande ou d'envois de colis via la commune d'Arcueil. Parmi eux, Jean-Emmanuel L. dont la participation au trafic s'étendrait de janvier à juillet 2024. Dans son logement, des armes ont été retrouvées : Gomm Cogne, pistolet Airsoft et fusil à pompe ainsi que deux montres de la marque Maserati qui sont "des fausses", selon son avocat qui plaidait le placement sous contrôle judiciaire de son client ce vendredi devant les magistrats de la chambre de l'instruction. Pour la robe noire, rien dans le dossier ne prouve l'implication de son client qui est "un attardé mental" en possession de deux revolvers, "de vieux machins".
Mais pour la partie accusatrice, l'utilisation de drones, les différents voyages aux Pays-Bas pendant plusieurs semaines, le luxe, les voitures, "tout ça avec une allocation de 900 euros par mois avec une femme et un enfant à nourrir ", ça ne colle pas.
Les juges de la rue Juliette Dodu ont partagé ce raisonnement. Jean-Emmanuel L. reste écroué à la maison d'arrêt du Sud.


