Les îles Eparses recevront de la visite

Les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) organisent pour la deuxième fois une expédition exceptionnelle dans les îles Éparses (Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Glorieuses et Tromelin) à bord du navire logistique et océanographique le Marion Dufresne.
"Contrairement aux terres antarctiques, les îles Eparses ne possèdent pas de bases organisées sur place", souligne Christian Gaudin, préfet administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises, d'où l'intérêt d'organiser le plus souvent possible des rotations scientifiques vers ces terres françaises presque "perdues".
Un espace scientifique plus ample
Et c'est bien leur caractère isolé du Monde qui intéresse nos 72 scientifiques. Parmi les 18 programmes prévus, citons un programme de recherches sur la diversité des parasites et des bactéries infectant les insectes de ces îles, l'étude de la biodiversité des arthropodes (animaux invertébrés) des îles Eparses ou encore sur la structuration et la dynamique de la mangrove. Plus globalement, ces programmes de recherches couvrent des domaines très différents : océanographie, halieutique, sédimentologie, biodiversité, géomorphologie, biologie, etc.
"Le Marion", comme l'appelle affectueusement Christian Gaudin, est le 1er navire européen océanographique. Outre les prélèvements, analyses et mesures, les transits entre les îles permettront aux scientifiques d'évoluer dans un espace dédié de "650 m2 de laboratoires".
Les îles Eparses sont qualifiées de "sanctuaires océaniques de la nature primitive", disposant d’un patrimoine biologique terrestre et marin remarquable. L’isolement géographique, le caractère insulaire et une occupation humaine historiquement très limitée ont en effet protégé ces territoires. De nombreux programmes scientifiques se sont montrés intéressés par ces îles, considérées comme de véritables laboratoires naturels des programmes de recherches.
Des déchets dans les cales
Une première mission du Marion Dufresne dans les îles Éparses en 2009 avait également permis, et c'est moins réjouissant, l'enlèvement de l’ensemble des déchets lourds présents depuis plus de 50 ans sur les îles. Après trois ans d'absence, le préfet des Taaf s'attend également à revenir avec quelques restes d'humanité venus s'échouer sur ces terres.
35.000 euros : c'est le coût journalier de fonctionnement du navire. De quoi avoir une idée du temps de préparation d'une telle mission qui ne se fait pas tous les quatre matins. Après leur périple sur Europa, Bassas da India, Juan de Nova, les Glorieuses et Tromelin, l'ensemble de l'équipage est attendu le 26 avril. Précaution oblige, une dizaine de militaires seront du voyage pour parer à toute attaque de pirates dans la zone du Canal du Mozambique.



