Deux maraîchers de Petite-Ile primés pour leurs cultures sans insecticide

Aujourd'hui, les agriculteurs petite-ilois étaient à l'honneur et c'est bien normal dans une commune ou l'agriculture représente 17 % des emplois de la population active. La tradition maraîchère de Petite-Ile n'est plus à faire, l’activité agricole regroupe 425 exploitations, soit 4,6 % des exploitations de l’île. Outre la réputation de la commune pour la culture de l’oignon et de l’ail, deux agriculteurs viennent de recevoir une mention spéciale de l'agriculture durable dans le cadre d'un concours national organisé par le ministère de l'agriculture.
Gamour : une alternative au "tout insecticide"
Eddy Barret et René-Guy Hoareau, les exploitants primés, font partie d'un groupe d’agriculteurs de Petite-Ile qui a terminé cette année un projet d’expérimentation de trois ans totalement innovant en matière de lutte biologique contre les nuisibles : Le projet "GAMOUR" (Gestion Agroalimentaire des MOUches à la Réunion). Ce programme de recherche-développement a pour ambition d'apporter aux agriculteurs des techniques pour protéger leurs cultures de cucurbites (courgettes, citrouille, chouchou, concombre) sans l'usage d'insecticides.
Un projet collectif et des résultats encourageants
Piloté par la Chambre d'Agriculture et le Cirad, en partenariat avec 13 autres organismes d'encadrement de la filière maraîchage à la Réunion, le projet GAMOUR a démarré en 2009 et s'achèvera fin 2011. Aujourd'hui, les agriculteurs sont parvenus à arrêter le recours systématique aux insecticides et ont pu étendre les surfaces et les périodes de culture des cucurbitacées. Même si l'été est une période toujours plus délicate, les pertes moyennes ne dépassent jamais le seuil des 15-20 %, c'est-à dire pas plus que celles constatées auparavant avec utilisation de pesticides. La chambre d'agriculture envisage maintenant la diffusion de la méthode au delà des zones pilotes, elle devrait débuter fin 2011.
Les agriculteurs de Petite-Ile s’acheminent donc vers une agriculture durable tout en assurant les besoins alimentaires de la population, leurs revenus et surtout, sans dégrader l’environnement...



