Petits arrangements entre amis

Didier Robert est un homme fidèle à lui-même : pas de prise de décision sans l’approbation pleine et entière de Paris. Le dernier exemple en date est celui du choix de son Directeur Général des Services.
Il en aura pris du temps, Didier Robert, pour choisir "the right man" pour occuper ces fonctions. Presque un an. C’est complètement dingue, comme situation. C’est comme si pendant un an, il n’y avait eu qu’un copilote / pilote pour faire des rallyes.
Ça, c’est déjà surprenant, mais il y a autre chose qui me stupéfie.
Je n’ai rien contre Mohamed Ahmed, je ne le connais pas personnellement. On dit qu’il a été le DGS de Magamootoo à la CCIR et qu’il voulait être à la tête du parc national de la Réunion. Il y avait deux autres candidats : Marylène Hoarau. C’est elle qui a été choisie. C’est plutôt bien, puisqu’auparavant, elle était l’assistante de l’ancien directeur, elle connaît la structure, en plus, elle semble avoir les compétences. Et encore mieux : c’est une femme. Il n’y a pas beaucoup de femmes à des postes de responsabilités à la Réunion.
L’autre candidat – dont tout le monde a oublié le nom – a eu une super promotion loin de La Réunion.
Il fallait bien caser Mohamed Ahmed. Ça a été à la Région. Pourquoi pas ? Sauf qu’il y a un autre Ahmed à la Région, c’est le trésorier payeur général. Le TPG est un haut fonctionnaire du Budget qui agit à la fois comme trésorier, comptable, contrôleur, conseiller économique et financier. C’est comme un banquier local de l'État dans les collectivités locales. On ne va pas s’étendre sur le fait que cette fonction de TPG est l'une des plus rémunératrices de la haute fonction publique, du fait de la part variable du salarie, en fonction du montant des transactions financières gérées.
Mais on sait que, lorsqu’il y a un contrôle de la chambre régionale des comptes, c’est le DGS qui est visé et en quelque sorte tenu pour responsable de la gestion. Si le rapport n’est pas bon, s’il y a des manquements, la chambre régionale des comptes transmet les comptes au préfet et au trésorier payer.
En clair, à La Réunion, ca va être en quelque sorte une affaire de famille. Il n’y a bien sûr aucune raison de mettre en doute, même de manière extrêmement faible, une seule once de l’honnêteté intellectuelle de ces deux hommes.
Mais simplement, ce qui est visible comme un nez au milieu d’une figure, c’est que c’est bien l’Etat qui gouverne à la Réunion, parce que c’est bien l’Etat qui a fait nommé ce monsieur à la direction générale des services. Ça, c’est vraiment un bel encadrement de première, pour laisser aucune possibilité aux Réunionnais.
Sandrine Manon


