Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Le mure de Berlin de l'économie libérale

Ecrit par zinfos974 – le lundi 7 mars 2011 à 10H11

La chute du mur de Berlin a symbolisé la fin de régimes se réclamant abusivement du marxisme. Ils étaient en vérité des dictatures qui enfermaient les personnes et les familles dans un système économique collectiviste s’ils se soumettaient, et dans les goulags s’ils contestaient. De dérives en dérives, ces dictatures ont engendré des nomenklatura dorées et privilégiées, pendant que, dans certains pays, se détérioraient le niveau et la qualité de vie des peuples. L’aspiration  incoercible à la liberté qui est en tout homme, et la révolte contre les inégalités et les privilèges, ont soulevé des torrents de mouvements populaires. Une à une, toutes ces dictatures dites communistes, ont été emportées.

Le libéralisme économique, se parant abusivement du manteau de la liberté, a cru son heure venue de dominer le monde sans partage. Proclamant le droit à la liberté et à l’égalité pour tous, ce régime de la dictature spéculative des marchés, a exclu des millions d’hommes, de femmes et de peuples, du travail, de la capacité de produire des richesses, du partage des richesses produites. Il les a enfermés dans les goulags sans barbelés des pays de la faim ; dans les logements cache-misère, les abris de nuits et les rues des pays riches. De concentrations en concentrations, de délocalisations en délocalisations d’entreprises, de déréglementations en déréglementations économiques et monétaires, cette dictature libérale de l’argent a engendré une classe de nantis de plus en plus riches, pendant qu’apparaissent des pauvres de plus en plus nombreux et de plus en  plus pauvres.

Ne nous y trompons pas ! Ce qui se passe dans les pays d’Afrique du Nord, c’est l’expression de la révolte des peuples de la faim, de la révolte contre les inégalités et les privilèges intolérables ; l’expression violente de l’aspiration incoercible à la liberté, qui est en tout homme. Ces torrents de mouvements populaires d’Afrique du Nord ne se déchaînent pas contre des régimes communiste, mais contre des dictatures enrichies par les pratiques du libéralisme économique, pour qui l’argent prime sur l’homme ; le profit, sur le sort fait aux hommes. Le libéralisme économique ne tardera pas à connaître son mur de Berlin sous les coups de boutoir des peuples qui ont faim et qui veulent être libres.

Au lendemain des épreuves de la seconde guerre mondiale, l’Europe avait trouvé un ordre qui concilie la liberté et le partage le plus juste et le plus large. Elle a son mot à dire. Elle devra parler avant que les révolutions localisées d’aujourd’hui, ne se transforment en déferlante des peuples de la faim sur les contrées des peuples nantis, comme au temps des invasions de l’empire romain décadent par les hordes barbares. Elle doit, plus que jamais, renoncer à la tentation américaine qui travaille trop d’Européens.
Il faut de toute urgence un ordre mondial dans lequel la subsidiarité et la solidarité puissent fonctionner au services de tous les peuples ; dans lequel tous les peuples, grands ou petits, riches ou pauvres, puissent se développer selon leurs génies particuliers et leurs aspirations.

Les régimes dits communistes, déchus et le libéralisme économique, menacé, ne supportent pas la diversité des cultures et des pouvoirs. Ils veulent formater l’humanité selon un modèle uniforme, et centraliser tous les pouvoirs entre leurs mains, pour mieux dominer.

Paul Hoarau

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :