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Bon vent, bonne mer...

Il y a quelques jours déjà, j’agençais un court recensement, non exhaustive, de nos ministres (politiciens en charge mais définitivement pas à la hauteur sachant péter dans la soie mieux que les autres). Dans les caractéristiques qualificatives que j’ai usées, j’avais trouvé incultes, inutiles, dispendieux et corrompus. J’ai très distinctement oublié que certains d’entre eux présentent même les caractéristiques d’ex-taulards…
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 2 mars 2011 à 09H37

Eh oui il n’y a qu’en France pays des bisounours que nous pouvons voir des choses pareilles .
Avec le suprême divertissement Sarkozien de faire dans le chambardement des chaises musicales qui finalement aura apporté quelques changements lilliputiens au Gouvernement Fillon de l’an 3.5, la République Sarkoléon, une, indivisible et manifestement sous benzodiazepine, agissant sur les neurotransmetteurs procure donc sur ces maroquins régaliens en son sein Alain Juppé aux Affaires Étrangères et Gérard Longuet pour remplacer l’autre, à la Défense.

Vous en conviendrez un choix pas très forcement étonnant que celui d’un empereur après un malaise vagal : il a prestement remplacé un soudard au casier chargé par un égrillard fin connaisseur des rouages de la justice côté prévenu, ce qui, pour un hyper-président qui défendait bec et ongles, au tout début 2007, une République Irréprochable, réexpédie à placer un goutte-à-goutte de whisky sur cette même République valétudinaire en pleine cure de psychotropes médicamenteux pour pithiatiques névrosés.
Vous vous rappellerez, atrocement mais fort au sujet, que le gracieux Gérard qui a en effet pour l’époque dû, en 1994, abandonner par une démission imprévu pour de vils désagréments de justice au sujet du financement d’une hacienda, de son parti, et qu’il a, grâce à son silence impassible et obstiné et à son calme olympien dans la tempête que d’autres élus ont su apprécier, esquivé comme par miracle les gouttes de synthèse en enfilant une amnistie et quelques non-lieux herculéen à-propos comme d’autres les pistaches et les olives à l’apéritif.

Certes, il est étincelant qu’à côté du casier de Juppé, Longuet se serait qu’ un simple winner et il aura beau jeu, dans les couloirs aux ors républicains escamoter à la Royauté , de narguer son confrère de sa virginité carcérale toute relative pour ne pas passer pour plus royaliste que le Roy .
Dire qu’avec ça en substance diplomatique sur Juppé, ce serait chic, ça aurait du chien, ça ferait une bonne nouvelle et discernait même une qualité à l’ex-fuyard canadien, à savoir être « un homme qui ne sacrifie pas les principes » .
Si, dans ces principes en question du meilleur d’entre eux , il nécessiteraient d’ inclure celui de l’Omerta pour ne pas enfoncer un chef suprême, alors, indéniablement, Juppé fera parfaitement l’affaire. Vu sur cet angle d’approche , Gérard et Alain disposent des facultés et traits de caractères d’une forte ressemblance ; tous deux sont déjà passés par le pouvoir ministériel, tous deux ont servi sous la monarchie Chirac (l’un comme secrétaire d’état lorsqu’il était premier ministre, l’autre comme premier ministre lorsqu’il était président), tous deux savent taire les conflits qui les taraudent, pétris qu’ils sont d’honnêteté et pourtant malgré tout ça témoins d’affreuses d’horrible silencieuses compromissions et turpides corruptions aux plus hautes sphères de l’état…

De manière plus pragmatique, on ne peut cependant pas s’empêcher de penser qu’installer à des postes à haute responsabilité des loulous au passé trouble est un mouvement fort risqué. D’ailleurs, la presse, d’habitude si difficile à faire sortir de sa léthargie quand il est question de dénoncer les multirécidivistes au sein de nos institutions, n’a pas tardé à soulever cette question éthique de fond : pour celle-là, le soit disant libéral Longuet devra convaincre.
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/gerard-longuet-devra-convaincre-27-02-2011-1300353_53.php
On pourra au passage pouffer sur l’article de la pignouferie de presse le Maônde qui s’empresse d’enfoncer le clou
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/02/28/le-passe-de-gerard-longuet-peut-il-gener-le-gouvernement_1486004_823448.html
en utilisant les informations contenues dans le livre de Martin Hirsch, lui-même pas tout à fait exempt de reproches en matière de conflits d’intérêts.

Pour récapituler sommairement cette révolution Selon les visées de dame Lagarde , nous avons donc présentement à la Défense un type se prétendant libéral un tantinet louche dont tout indique qu’il a un nombre suffisant de casseroles pour occuper le Canard Enchaîné sur les douze mois qui nous séparent de la présidentielle. Et enfin de l’autre côté, l’élite de l’élite qui nous dirige aura fait le choix proprement consternant de remplacer une aficionado des régimes autoritaires décemment bâillonnés par un lascar dont l’extrait de casier judiciaire lui interdirait tout emploi dans n’importe quelle administration ; avec cette tâche diplomatique qui lui incombe promet d’être particulièrement amusante lorsqu’il va devoir expliquer au reste du monde ce qui se fait, se tolère ou ne se fait pas.

La conclusion de tout ceci apparaît évidente : il n’y aurait, de nos jours, plus de politicien suffisamment immaculé sur lui pour occuper une fonction ministérielle. Tant sur la rive droite que sur les berges gauche, tant poujadiste puisse paraître cette allégation, force est de constater que les politiciens d’envergure se sont tous pris, à un moment ou un autre, les pieds dans le tapis pour faire des courbettes judiciaires, que nos remarquables députés honnêtes et droits sont devenus si rares et si inconnus qu’aucun n’accompliraient les dispositions pour faire l’affaire pour diriger le pays.
Or, tout indique que le peuple s’en contrefiche totalement pire une majorité trouveraient les choses banales vous parlez il n’existe pas de corruption en France ou alors si peu : la pignouferie de presse, bien qu’un sourcil vaguement levé, n’a même pas nécessairement développé le sujet (ni pour Longuet, ni pour Juppé, ni pour les autres d’ailleurs). Les associations diverses multiples et variées n’en parlent pas. Je n’évoquerais pas les blogs qui n’oseraient s’émouvoir ou alors mollement.

A présent en France, il semble pleinement acquis qu’un passage par la prison avec sursis puisque certaines accointances avec une appartenance avec des manigances obscures n’obèrent pas ses chances pour un prochain mandat, une fois l’inéligibilité levée. Dans ce pays, être un fieffé larron, un voleur putatif, un escroc avéré, un magouilleur ou un filou plus ou moins officiel ne compacte en rien l’accès aux plus hautes fonctions. Mieux : cela offre l’ouverture des portes, faire partie des prérequis.
Nous pouvons percevoir là une véritable marque de fabrique de la politique à la française ? Le peuple obéissant moutonnier, peut-être réaliste, ne se serait-il pas dit que pour le diriger, lui, roublard, fricoteur, intriguant et à l’honnêteté douteuse, il faudrait des hommes et des femmes trempés dans la même sauce pour en avoir croqué ?
Ou au contraire, ce même peuple, trop pétri de la certitude que l’élite au modèle Keynésien lui veut du bien, que l’État travaille pour son bonheur, le cerveau trop lavé par l’idée que le travail pour le bien commun recouvre le mandat de l’élu, que les politiciens promettent mais ne tiennent pas car même s’ils sont de grands hommes ils sont de grands hommes faillibles, nous sommes bien loin des principes vertueux de la république de Raguse, bref, trop bon et trop con, rempile à chaque occasion pour une nouvelle fournée d’aigrefins ?

Ce sont de véridiques questions. Croyez moi je n’ai pas la réponse… En tout cas, une chose est sure , dans l’une comme dans l’autre hypothèse, ce pays est foutu.

Cambronne

 

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