L’Euro… piège pour la France ?
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La crainte d’une crise bancaire majeure en Europe semble écartée pour le moment, bien que l’on puisse s’interroger sur la durée de ce "moment" et bien que la crise espagnole se profile déjà tandis que l’on ne voit toujours pas d’autre solution pour la Grèce que de faire défaut, au moins partiellement, et de dévaluer massivement.
Le débat sur l’euro, probablement suscité par nos responsables mais aujourd’hui tronqué par les mêmes, n’a donc servi, selon toute apparence, qu’à sauver la mise des banques, en imposant à l’Allemagne de mettre la main à la poche pour aider les gouvernements du Sud.
Cette dernière, réponse du berger à la bergère, exige de ses autres partenaires qu’ils appliquent des politiques d’austérité budgétaire d’inspiration germanique dans leurs pays respectifs. Tout ce psychodrame a eu évidemment pour effet - et sans doute pour but - de faire baisser l’euro, des quelques 1,45 dollars de la fin de l’année dernière aux taux situés entre 1,22 et 1,24 dollars d’aujourd’hui… Et ça change vite.
De fait les bourses restent aujourd’hui instables ce qui signifie que leur jugement sur les mois à venir n’est guère optimiste. La crise espagnole s’annonce. L’économie chinoise ralentit. Et la déflation menace.
L’économie européenne (et française) après un léger mieux , dû à la baisse de l’euro qu’entraînait le débat sur sa pérennité, continue à patauger dans "l’euromess".
Il faudra bien aussi sortir de l’euro, sans doute plus tard, peut-être après les prochaines présidentielles, si du moins la crise ne prend pas d’ici là un tour critique.
Après avoir rappelé ce qu’est l’impact néfaste de l’euro – même déprécié – sur notre économie et avoir souligné une fois de plus que le fédéralisme, aujourd’hui, en Europe, n’est qu’une utopie administrative et politique, on peut montrer dans ce qui suit qu’il est possible de sortir de l’euro sans cataclysme.
(L’affirmation péremptoire de Barry Eichengreen, et des autres économistes de cour de la BCE, n’étant qu’un sophisme destiné à faire taire les adversaires).
On peut montrer aussi à quelles conditions une sortie de l’euro peut éviter les larmes et les drames, et contribuera à maximiser la croissance.
Mais il ne faudra pas manquer le coche, le moment venu.
1) Le danger immédiat qui menace les économies européennes, c’est désormais la déflation, en raison de la mise en œuvre de politiques nationales de réduction des déficits publics alors que les taux d’inflation sont très proches de zéro dans plusieurs pays de la zone euro, tandis que la croissance y est faible ou négative. Dans ce contexte l’euro constitue pour la France un piège redoutable… Ces politiques de déficit ne peuvent être maintenues dans le moyen terme, car elles conduisent à un endettement public insoutenable. De plus, alors que l’euro fort (imputable à la politique de la BCE) a dégradé la compétitivité de tous les pays de la zone à l’égard des pays tiers …
2) Le fédéralisme est impossible aujourd’hui en Europe. Le projet en effet est utopique. Il va en un sens exactement contraire à toutes les tendances profondes de ces dernières décennies en matière d’organisation des activités publiques et privées. La décentralisation de toutes les organisations, publiques comme privées, en résulte. D’où la réduction de la dimension des hiérarchies.
3) Sortir : quand et comment ? La seule solution pour des économies très différentes et entre lesquelles il n’est pas possible d’instaurer le mécanisme amortisseur d’un vaste budget fédéral, c’est la sortie de la monnaie unique et le retour à une politique monétaire et budgétaire nationale, "sur mesure".
D’une part la majoration de la dette publique en cas de sortie suivie d’une dévaluation de la nouvelle monnaie est très surestimée , et d’autre part, une dévaluation majeure de l’euro, préalable à la sortie, résoudrait complètement le problème.
Or c’est l’évolution qui est actuellement en cours et qui devrait se prolonger encore. La sortie de l’euro ne produirait alors que des effets nets bénéfiques pour le pays.
Prenons l’exemple d’un pays ayant une dette publique de 80% de son PIB, ce qui n’est pas très éloigné du cas de la France. Sur ces 80% la dette extérieure peut représenter les 2/3 soit un peu moins de 53% du PIB.
Le retour au Franc pourrait être accompagné, selon une hypothèse moyenne, d’une dévaluation par rapport à l’euro (s’il subsiste) de 20%. En Francs, la dette extérieure serait alors majorée, passant de 53% à un peu moins de 64% du PIB, ce qui ne constitue pas un "cataclysme" économique.
Le résultat de cette sortie de l’euro suivie de dévaluation s’avèrerait ainsi positif tant il est vrai que la capacité de remboursement des dettes (même majorées) dépend essentiellement du retour à la croissance.
Une meilleure solution existe cependant qui consiste à inverser l’ordre des opérations, en dévaluant l’euro dans un premier temps pour en sortir ensuite, sans dévaluation de la nouvelle monnaie nationale, qui n’est alors plus nécessaire.
La dévaluation du Franc pourrait être faible ou nulle
L’urgence. Il ne faut pas non plus trop attendre, car le risque majeur serait celui d’une sortie des pays du sud de la zone euro, avant la nôtre: dans ce cas, la valeur de l’euro remonterait par rapport au dollar et la sortie pour la France serait beaucoup plus douloureuse. Nous resterions enfermés dans le piège actuel, mais aggravé en ce que la zone euro ne comporterait plus que des pays du nord, structurellement plus favorables que l’Italie, l’Espagne ou le Portugal à une politique monétaire hyper conservatrice, et donc plus éloignée de l’optimum qui conviendrait à la France.
Conclusion Le coût de sortie est réduit ou nul, la compétitivité est restaurée tant à l’égard de l’Allemagne que vis-à-vis du reste du monde, l’alourdissement des impôts n’est plus nécessaire, la déflation est évitée, et la reprise de la croissance économique suit.
a) Plus de problème … alors FRANC ou EURO ?
b) Après les Présidentielles de 2012 ?
c) Est-ce trop tard avec les problèmes du Monde arabe en ce moment ?


