Saturne et Cassandre
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Cela fait des années que les écologistes, notamment l'association OCRE, alerte le public et les autorités de la dangerosité de l'abandon des batteries dans la nature. Encore une fois ils ont l'amertume d'avoir raison et de ne pas avoir été écoutés. En effet, à côté du système de récupération mis en place et qui a grand besoin d'être amélioré, il faut aussi tenir compte de cet énorme stock de batteries évanouies dans la nature depuis des décennies.
Le système de la responsabilité élargie du producteur est un bon système : “vous mettez sur le marché un produit, vous assumez son recyclage”. Encore faut-il que le vendeur joue le jeu. Or ce n'est pas le cas pour la totalité des vendeurs de batteries : un certain nombre d'entre eux ne cotisent pas à un organisme de récupération, et soit refusent de récupérer la batterie, soit s'en débarrassent malproprement. Il y a là défaillance de la part des services chargés de faire respecter la réglementation.
Le consommateur, de son côté, doit d'abord rompre avec de mauvaises habitudes, mal informé il peut ensuite essuyer le refus d'une déchetterie qui veut l'orienter vers les vendeurs, puis il peut enfin avoir la malchance de tomber sur un vendeur fraudeur! Et que faire de tous ces petits stocks qui s'entassent un peu partout (fonds de garages, parcs à poules...)?
Il y a là de la part de l'État, des groupements de communes, des vendeurs et des consommateurs, nécessité d'un plus ample investissement : tous les vendeurs sans exception doivent être affiliés et accepter les batteries usagées, et pas seulement une vieille contre une neuve, mais toutes les batteries, et de même que le vendeur reçoit une indemnisation il serait pertinent que le client reçoive lui aussi une modique récompense pécuniaire (consigne) de sa contribution à protéger la Planète et ses enfants.
Jean-Pierre Espéret


