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Grève : à qui profite le crime ?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 10 janvier 2011 à 03H24

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Après le mouvement d’humeur de certains salariés du secteur privé la semaine dernière, je n’ai pu m’empêcher de faire quelques recherches sur le sujet qui nous préoccupe tous, à savoir les actions ou exactions de certains privilégiés qui, afin d’obtenir plus, n’hésitent pas à saccager ce qui reste encore de l’économie de La Réunion.

Je tiens à préciser qu’il n’est pas question de parler d’idéologie politique, mais plutôt de discuter de pratiques de prise d’otage de la population déjà largement utilisés par certains nouveaux élus de la CCIR (rappelez vous les blocage des routes par une petite corporation de transporteurs il y a deux ans), et qui, dans leur nombrilisme aigu veulent faire comme l’à dit notre très cher Président de la République : gagner plus mais sans forcement travailler plus.

Dans une ile où la population vivant sous le seuil de pauvreté bat des records, où la crise économique se vit tous les jours, où les jeunes, les moins jeunes, les personnes âgées tentent de survivre tant bien que mal, voila que certains n’hésitent pas à mettre en danger la vie et l’outil de travail des Réunionnais afin d’obtenir une sur rémunération de leur salaire de base de 53% (au lieu de 25% actuellement) en faisant une lecture à LEUR avantage d’un texte de loi vieux de plus de 60 ans.

Que représentez vous, messieurs les syndicalistes ? Au cas où vous ne le sauriez pas, tout juste 9 % des 25 millions de salariés sont syndiqués en France (seulement 6% dans le secteur privé), contre 29 % en Grande-Bretagne et 27 % en Allemagne (chiffres 2008). Pourquoi si peu dans un pays qui a conclu en 1936, rappelons le, les accords de Matignon (sans faire grève dans chaque usine, les ouvriers obtiennent des avantages pour toute la profession ; les salaires sont augmentés de 7 à 15% ; les ouvriers obtiennent des délégués pour les défendre, on ne peut pas les licencier sans autorisation de l'inspecteur du travail ; Les salariés obtiennent la liberté d'exercice du droit syndical ; ils obtiennent enfin par les lois du 11 et 12 juin la création de conventions collectives, la semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés).

Il est possible que le discours de plus en plus manichéen des syndicats ait du mal à passer. Il est possible aussi que les ouvriers aient peur de se syndiquer par crainte de représailles de la direction (excuse souvent évoquée). Mais il est aussi possible que les ouvriers et les petits patrons et artisans que vous êtes censés défendre et dont vous êtes actuellement en train de casser l’outil de travail à une période où tout le monde s’accorde à dire qu’elle est critique pour tous, ne croient plus en vos discours !

Quels discours avez-vous ? Prenons si vous le voulez bien un exemple tout simple avec une corporation de travailleurs où les syndicats ont été toujours très présents : le monde des dockers. Auparavant, à La Réunion, les dockers étaient très mal payés, et probablement exploités par des grands patrons qui se mettaient tout l’argent disponible dans leurs poches et ne laissaient à leurs employés que le minimum pour survivre et continuer à s’acquitter de leur labeur. A l’époque, à La Réunion, docker était un métier dur et harassant. C’est pourquoi des syndicats ont mené un mouvement de grève destiné à faire reconnaître à tous qu’ils ne faisaient grève que pour protester contre leur conditions de travail et ont décidé de créer une coopérative ouvrière, avec des dockers comme actionnaires. Cette initiative, destinée à faire des dockers des acteurs majeurs de la propre société ne peut qu’être louée. La plupart des dockers qui avaient créé cette SCOP étaient syndiqués à la CGTR pour la petite histoire.

De ce combat, noble, qu’en est il advenu ? Une structure destinée à faire des profits comme tant d’autres, où les ouvriers (et je ne saurais les critiquer) peuvent se permettre de très bien se payer (j’aimerais beaucoup bénéficier de la même paye que certains dockers et bénéficier de leurs conditions de travail actuelles), de pratiquer sur certains services dont ils ont l’exclusivité des tarifs disons élevés et de faire la loi sur un port où rien ne peut se faire sans leur accord. Finalement ils sont devenus des capitalistes purs jus estampillés syndicalistes. Où est le problème ? Nulle part, ils font leur business, font de temps en temps grève (et zou on reprend notre casquette de syndicaliste Port et Docks) pour dénoncer ce qu’ils veulent dénoncer et puis c’est tout ! Ils sont devenus des privilégiés, voire pourquoi pas des nantis pour certains mais ils n’ont, à ma connaissance, jamais exposé La Réunion à des conséquences aussi dramatiques que celle des grévistes de ces derniers jours. Or ils auraient pu le faire en asphyxiant La Réunion.

Ces grévistes, afin d’augmenter leur salaire d’une prime mensuelle passant de 25% à 53% et qui n’ont probablement pas les mêmes problèmes que l’immense majorité des Réunionnais, ces grévistes au nombre d’une petite centaine qui plutôt que de chercher un moyen intelligent de se faire entendre de leur Direction (ou de l’état), qui interprètent à leur façon un texte de loi et qui font que des agriculteurs dans le plus total désarroi en soient réduits à leur envoyer le produit de leur travail voire à inonder de lisier une mairie d’une commune du Sud, que disent ces syndicalistes au monde des travailleurs précaires Réunionnais ? Et bien sur les ondes de certaines radios, je l’ai en tout cas entendu sur Radio Festival, ces syndicalistes nous sortent des "Camarades, nous vous soutenons !". Euh Camarade, excuse moi de t’interrompre, mais si tu crois que la population réunionnaise qui a du mal à boucler les débuts et les fins de mois, cette population Réunionnaise pour qui tu dis te battre, et bien cette population réunionnaise elle t’interdit de parler en son nom ! Cette population t’invite à venir chez elle, à regarder les dégâts que tu as causés chez les éleveurs, chez les agriculteurs, chez les restaurateurs, chez les petits camions bars qui ont dû jeter leurs produits parce que tu voulais te payer la dernière BMW pour frimer avec tes copains.

Cette population Réunionnaise qui vit pour une grande partie des allocations (qui ne sont pas indexées avec les 53% que tu réclames) et qui fait ses courses en début de mois et qui a peut-être jeté une partie de ses produits car périmés à cause de ton action, tu lui dis quoi ? Tu fais comme ce délégué syndical de EDF, instigateur du mouvement de grève, qui était injoignable parce qu’un petit malin avait communiqué son numéro de portable à pas mal de monde et qui avouait que son GSM n’arrêtait pas de sonner et donc qu’il ne répondait pas ? Bel exemple de courage "camarade" syndiqué.

Ne t’inquiète pas "camarade", les gros zozos, les gros blancs, ces salauds de patrons comme tu les appelles, ils n’ont pas beaucoup perdu. Même si le Medef par le biais de son président actuel est monté au créneau pour fustiger le mouvement (il fallait bien qu’il dise quelque chose après avoir échoué à conquérir la CCIR pour son mouvement) et dire que la situation était inacceptable. Ne t’inquiète pas pour eux "camarade", ils vont très bien eux, mais ce sont ceux que tu dis représenter qui ont le plus trinqué dans ce "combat pour l’égalité".

Nostraberus

nostraberus.over-blog.com

 

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