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Olivier Rivière : "Il ne faut pas qu'on laisse la nature corriger les erreurs humaines"

Après s'être intéressé aux projets réalisés et ceux à venir à Saint-Philippe, le maire Olivier Rivière présente les caractéristiques atypiques de la ville. Réputée notamment pour sa gastronomie, la ville est un haut lieu de la biodiversité protégé depuis les années 1950. De plus, les habitants de la ville ont la particularité d'avoir été remerciés par la Reine Victoria d'Angleterre en personne.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 18 juillet 2024 à 12H11

Niché au pied du volcan, Saint-Philippe est un havre de paix où la nature semble régner en maître. Si la commune est l'une des moins peuplées de l'île avec environ 5200 habitants recensés, elle n'en demeure pas moins la 6e plus grande en superficie. Un constat qui laisse penser que la ville est l'une des dernières à posséder du foncier, mais ce n'est pas forcément le cas.

"Nous sommes contraints par une multitude de documents. 75 % du territoire est dans le cœur du Parc national et 25 % en aide adhésion, ce qui génère des obligations", rappelle Olivier Rivière. La commune est de plus contrainte à un plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) et à un schéma d'aménagement régional (SAR) qui doivent être pris en compte lors du prochain Plan local d'urbanisme (PLU).

Si ces réglementations compliquent la vie de la municipalité sur divers projets, c'est au final la nature qui en sort gagnante. D'ailleurs, la forêt de Mare Longue a été la première réserve biologique des Outre-mer, et la deuxième de France depuis 1958. Deux autres réserves biologiques ont été inaugurées en 2021 avec l'ONF (le littoral et la forêt de Bois de couleurs des Bas à Basse Vallée).

"Quand je dis que Saint-Philippe est un hot-spot de la biodiversité, cela se voit aussi au travers des projets qui sont menés avec des partenaires comme l'ONF ou le Parc national. C'est la raison pour laquelle je suis vent debout contre les options qui sont mises sur la table comme le non-démantèlement du Tresta Star. Cela nuit à l'image du territoire. Donc je continuerais à me battre pour un démantèlement du navire et qu'on ne laisse pas la nature corriger les erreurs humaines."

Gastronomie et Reine d'Angleterre

Concilier nature et tourisme est donc un défi pour l'équipe municipale qui ne manque pas d'idée. Célèbre pour ses neuf puits, la ville se prépare à une mise en valeur de ce patrimoine. "Nous travaillons avec notre service culturel sur un chemin des puits. L'idée est de valoriser ces puits, notamment ceux qui sont méconnus à la fois de la population saint-philippoise et de la population réunionnaise", souligne l'édile.

Si Saint-Philippe est réputée pour sa nature, la ville l'est également pour sa gastronomie. "Je confirme, on y mange très bien. Ramené au nombre d'habitants, nous avons un nombre de restaurateurs plus élevés qu'ailleurs. Ce qui démontre qu'il y a un vrai savoir-faire ici", assure-t-il.

Si la cuisine est un élément culturel important de Saint-Philippe, son histoire l'est tout autant. Parmi les éléments marquants qui se sont déroulés dans la ville, c'est encore une histoire de naufrage qui a marqué son époque. Le 14 janvier 1897, le navire britannique Warren Hastings se heurte à un rocher au large de Saint-Philippe. La population va alors se mobiliser pour tenter de sauver les 1244 personnes à bord, dont seulement deux périrons.

"La Reine Victoria à l'époque, pour remercier la population Saint-Philippoise, avait offert une horloge, qu'on n'a jamais retrouvée d'ailleurs. Ce qui est dommage", explique Olivier Rivière. Il ne reste plus qu'à espérer que les naufrages ne deviennent pas l'une caractéristiques de la ville.

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