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A Saint-Pierre, un Aïd-El-Kebir solidaire des plus démunis

C'est une journée un peu particulière pour la Sicabat de Saint-Pierre qui participe, depuis ce matin, aux traditionnels rites de l'Aïd-El-Kebir. Pour la VEM, une association musulmane du Sud, une partie de la viande sacrifiée à cette occasion sera offerte à cinq associations caritatives locales pour une redistribution en faveur des plus démunis.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 17 novembre 2010 à 15H15

La communauté musulmane célèbre, ce mercredi, l'une des fêtes majeures de son calendrier religieux, l'Aïd-El-Kebir. Depuis plusieurs années, les sacrifices de bovins réalisés dans l'île se déroulent théoriquement sous les yeux avisés de l'unique abattoir de boucherie du département, la Sicabat. Cette année, elles sont une quinzaine de bêtes à avoir été transportée à l'abattoir de Saint-Pierre. Lequel ouvre exceptionnellement ses portes à cette occasion.

Un sacrifice qui répond aux rites et aux normes sanitaires

Pour le directeur de l'abattoir concerné, Bertrand Picard, sa structure présente, lors de cette fête, une mission de service public : "Cela fait huit ans que nous nous occupons des bêtes choisies par les familles musulmanes. C'est d'ailleurs une obligation". Accompagné des services vétérinaires de la Réunion (DSV), le professionnel évoque également des pratiques très encadrées et soumises aux normes sanitaires en vigueur. "Nous avons un sacrificateur titulaire d'un agrément de la Préfecture", poursuivait-il en fin de matinée.

Plusieurs pratiques sont ainsi modifiées en fonction des rites pratiqués puisqu'une prière est réalisée avant chaque sacrifice pour lequel l'animal est orienté vers La Mecque. La bête sélectionnée est alors saignée avant d'être étourdie, ce qui n'est habituellement pas le cas à la Sicabat. "C'est une obligation. Il est interdit d'abattre des animaux rituellement hors des abattoirs", explique Olivier Degenmanne. "Nous avons deux garanties qui sont d'ordre sanitaire, avec une inspection vétérinaire classique et une carcasse estampillée, mais également dédiée à protéger l'animal afin d'éviter la souffrance. A ce titre, une percussion à la tête de l'animal intervient dans la foulée de la saignée", poursuit le directeur de la DSV.

Le geste de partage et de solidarité de l'Association VEM

Du côté des familles musulmanes et autres associations, c'est un jour très particulier. Une seule condition pour récupérer la viande, disposer d'un véhicule frigorifique. C'est en tous cas ce à quoi s'activent les membres de l'association VEM au premier rang desquels, Sulliman Moullan. "Il s'agit de la commémoration du sacrifice d'Abraham", lance l'acteur associatif visiblement pressé. "Cette année, nous avons pris la décision de partager notre animal qui fait près de 240 kilos. Cinq associations caritatives locales ont répondu à notre proposition et vont donc récupérer 50 kilos de viande chacune", ajoute Sulliman Moullan.

Dès lors, les associations concernées auront deux possibilités puisqu'elles pourront, d'une part, cuisiner cette viande avant de la distribuer aux plus démunis et sans domicile fixe et, dans un second temps, distribuer directement cette viande aux familles nécessiteuses. Des familles et des personnes démunies qui devraient apprécier ce geste de partage et de solidarité en provenance de nos compatriotes musulmans.

 

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