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Sécurité routière : Drogue au volant, mort au tournant

Les effets négatifs de la consommation de cannabis sur la conduite d'un véhicule sont encore sous-estimés voire ignorés par les automobilistes. Ils peuvent être pourtant fatals : chaque année, 700 personnes sont tuées sur les routes françaises dans un accident impliquant un conducteur ayant consommé des drogues, soit 21 % de la mortalité routière.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 6 septembre 2023 à 15H00

A La Réunion, depuis le début de l'année, 19 personnes ont trouvé la mort sur les routes du département. 11% de ces accidents mortels sont à mettre sur le compte d'une consommation de stupéfiants. L'alcool est toujours le facteur le plus meurtrier avec 56% des tués sur la route à cause de leur alcoolémie. Le nombre de personnes décédées sur la route a cependant fortement baissé par rapport à 2022 (34), soit 44% de moins. A titre d'exemple, le mois d'août a été plutôt calme avec un seul décès contre 8 l'an dernier à la même période, indique l'Observatoire départemental de sécurité routière de La Réunion (ODSR).

La consommation de stupéfiants au volant est le facteur qui entraine le plus de retraits de permis avec une moyenne de 200 retraits par mois depuis le début de 2023. Faut-il encore le rappeler, la combinaison drogue et conduite est un cocktail qui peut être fatal du fait de l'augmentation du temps de réaction après avoir consommé. Chaque année, plus de 700 personnes sont tuées en France sur les routes dans un accident impliquant un conducteur ayant pris des drogues, soit 1 accident mortel de la route sur 5, assène l'ODSR Réunion.

Pour rappel :

  • Le cannabis entraîne une somnolence, ralentit la coordination des mouvements, allonge le temps de réaction et diminue les facultés visuelles et auditives
  • L’ecstasy masque la sensation de fatigue et altère les capacités mentales, donne l’impression trompeuse que l’on est maître de soi et de sa conduite, et favorise un comportement irrationnel au volant ;
  • La cocaïne suscite une conduite agressive et entraîne une baisse de l’attention ou de jugement qui peut aller jusqu’à la perte de contrôle du véhicule ;
  • Les opiacés (opium, morphine…) suscitent une baisse de l’attention, diminuent l’aptitude à la prise de décision rapide et réduisent la conscience du danger et des obstacles
  • Le LSD, les champignons Psilocybes, la mescaline, font partie des drogues hallucinogènes qui entraînent des troubles de la perception, des illusions délirantes, un sentiment de confusion ou d’angoisse pouvant aller jusqu’à la crise de panique.

La lutte contre ce fléau va s'intensifier dans l'île alors que les sanctions s'alourdissent et peuvent aller jusqu'à deux ans d’emprisonnement et 4.500 euros d’amende (trois ans et 9.000 euros d’amende si conjugué avec une alcoolémie positive). Six points sont supprimés sur le permis de conduire, qui peut être retiré pour une durée pouvant atteindre trois ans, ou être annulé avec interdiction d’en solliciter un nouveau pendant trois ans. Comme pour tous les délits, les condamnations pour conduite après usage de drogues sont inscrites au casier judiciaire.

En cas d’accident après usage de drogues, le conducteur s’expose par ailleurs à des sanctions de son assureur : augmentation des cotisations, résiliation de son contrat, réduction ou annulation des indemnisations. La compagnie d’assurances indemnisera les victimes, mais pourra se retourner contre le conducteur fautif pour le remboursement des sommes versées (qui peuvent se compter en millions d’euros).

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