Une prime bagasse tant désirée...

Les exploitants de canne à sucre n'en démordent pas. A chaque retard pris dans tel ou tel versement d'aides, la profession monte au créneau par le biais des syndicats locaux. Après l'Indice compensatoire de handicap nature (ICHN) en début de semaine avec la CGPER, c'est au tour de la FDSEA et de son président Frédéric Vienne de faire entendre la voix de ses adhérents concernant le versement de la prime bagasse. Un versement très attendu pour lequel aucune date n'a été communiquée.
Si aucun retard n'est pour le moment constaté, le second syndicat de la Réunion interpelle les usiniers sur la date retenue pour les versements liés à la saison sucrière 2010. Il y a six mois, les premières primes étaient versées après de longs mois d'attente et de processus de finalisation parmi lesquels l'avis décisif de la Commission de régulation des énergies (CRE). Mais, après la dernière réunion interprofessionnelle du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) en date du 3 novembre dernier, rien n'a visiblement filtré.
"Cette année, il n'y a aucune raison pour expliquer ces retards..."
"Les gens n'ont aucune précision sur les versements de la prime à la bagasse qui a été versée, après de longues négociations, en mai" explique le président de la FDSEA. "Cette année, il n'y a aucune raison pour expliquer ces retards" poursuit Frédéric Vienne qui évoque les attentes des planteurs au regard de l'entretien de leurs exploitations. Le vrai problème concerne, en réalité, le créneau de versement de ces aides publiques. Souvent programmées avec précisions mais peu respectées au niveau agenda, elles n'arrangent pas les difficiles relations entre établissements bancaires et exploitants agricoles. "Les planteurs ont commencé à préparer leur prochaine campagne sucrière. Pourtant, les usiniers ont reçu, semaine par semaine depuis le début de la campagne, des sommes en lien direct avec la bagasse fournie" ajoute le syndicaliste qui considère que la fin de la campagne est le moment idéal pour ces versements.
Reste désormais à savoir quelles seront les positions des usiniers en la matière et combien de temps cela prendra. Car, la route avait été plutôt longue, près de 10 mois après les annonces du Premier ministre François Fillon à Bras-Panon. Si au 21 décembre 2009, un protocole d'accord fixait 11,30 euros aux planteurs et 1,70 aux industriels par tonne de canne sans oublier les 25 centimes consentis en direction de la recherche et du développement, il avait fallu patienter cinq mois de plus pour voir les premiers deniers être versés.
Le point sur la 44ème semaine et les intrants
Plus 122.580 tonnes de cannes sur la 44ème semaine de coupe entre 2009 et 2010 pour l'usine de Bois Rouge et 7.170 tonnes supplémentaires, sur la même période, pour le Gol : ces chiffres d'étape sont éloquents pour les usiniers. Ils trouvent néanmoins une tout autre explication à la FDSEA où l'on explique ces données par le sinistre technique rencontré sur Bois Rouge en 2009. Lequel aurait impacté la campagne actuelle de plusieurs semaines d'avance. Frédéric Vienne estime également que le tonnage enregistré en décembre 2009, soit 1,907 millions de tonnes, ne sera pas atteint cette année. En cause, les résultats de certains secteurs comme Sainte-Rose ou les tonnages hebdomadaires sont plus faibles de 2.000 tonnes.
De son côté, le niveau de la richesse reste catastrophique avec une perte, à ce stade de la campagne, de 0,35 points sur Bois-Rouge en comparaison avec 2009 et de 0,37 sur le Gol. Autant dire que la baisse constatée en début de campagne persiste et concerne plus de 300 agriculteurs du département. Mais difficile de se prononcer sur le sujet lorsque l'on connaît le contexte actuel sur les échantillonnages des chargements de cannes.
Reste un point, les prix flambants des intrants. Pour la FDSEA, une seule alternative reste possible : la potasse minérale disponible en grande quantité dans la vinasse extraite des restes de la mélasse et dont il faut rappeler qu'elle est tout simplement reversée en pleine mer. Une vinasse évoquée dans le cadre du rapport Ménard en date de 2008 mais qui a, depuis, pris le chemin des oubliettes.


