Madagascar Résistance : La démocratie selon des élus Français
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Parmi les valeurs attribuées à la France, celles qui ont le plus suscité de sympathie pour elle dans le monde sont les valeurs républicaines. La force de séduction de ces valeurs a permis aux intellectuels de ses anciennes colonies de surmonter les blessures et l’amertume laissées par la période coloniale et de garder pour "le pays des droits de l’homme" un certain attachement. La France mérite-t-elle encore aujourd’hui de bénéficier de ce capital de sympathie de la part des Africains ?
La question peut se poser quand le cynisme des affairistes est publiquement soutenu par des élus Français dans toute l’Afrique francophone, comme tout récemment encore à Madagascar.
Des parlementaires et des maires un peu spéciaux
La Grande Ile a eu, voici quelques jours, l’insigne honneur de bénéficier de la visite d’une forte délégation française conduite par le député UMP Michel Lejeune. Raison officielle de cette visite : leur compassion pour le peuple malgache frappé par les sanctions internationales. Qui pourrait se plaindre de cette grande sollicitude qui pousse des députés, sénateurs et maires Français à aller à l’encontre de la position officielle de leur pays ?
Le gouvernement français en effet a toujours déclaré être en phase avec la position du reste de la communauté internationale à propos de Madagascar : il y a eu coup d’Etat, il n’y a pas reconnaissance du régime issu de ce coup d’Etat, les sanctions prévues en pareil cas ont été appliquées après les refus répétés des putschistes de mettre en place une transition consensuelle et inclusive chargée d’expédier les affaires courantes et de préparer des élections dans une atmosphère apaisée. Ici, toutefois, une première note discordante : la France condamne le coup d’Etat mais elle est le seul pays à avoir maintenu sa coopération financière et …militaire avec le gouvernement putschiste.
N’écoutant donc que leur grande compassion pour le peuple malgache, ces élus Français font fi des règles internationales, des différentes condamnations émises par le Parlement européen et par les associations internationales de parlementaires, de la récente déclaration de la Présidente de la Confédération helvétique au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Montreux disant « francophonie et coup d’Etat ne marchent pas ensemble ». Et bien sûr, ils font fi des condamnations de l’Union Africaine et de la Communauté des Etats de l’Afrique Australe. Plus encore : ils se sont
engagés auprès des autorités putschistes à tout faire pour mettre fin aux sanctions internationales.
Etrange comportement que celui de ces élus qui, une fois hors des frontières de leur pays, sont frappés d’amnésie.
Ils "oublient" qu’ils sont des élus de la république française. Ils "oublient" que les députés et les sénateurs malgaches ont été suspendus de leurs mandats électifs. Que les maires malgaches sont sur le point de subir le même sort. Ils "oublient" que certains de leurs homologues malgaches ont été molestés et emprisonnés. Que d’autres sont régulièrement menacés.
En fait de compassion, c'est d'argent qu'il s'agit
Apparemment, ces élus français ne perdent pas uniquement la mémoire. Ils perdent également le sens de l’odorat dès lors qu’il s’agit d’argent, tant il est vrai que pour certains politiciens, l’argent ne peut avoir d’odeur.
La source africaine de financement des campagnes électorales, souvent dénoncées notamment par l’association "Survie", va d’ailleurs certainement être encore plus sollicitée dans l’avenir, avec les scandales récents montrant la collusion des politiques avec les milieux d’affaires en France.
A voir de plus près la composition de cette délégation, c’est bien en effet d’argent dont il s’agit. (Voir ci-dessous en encadré la liste complète des membres de la délégation)
Le député Michel Lejeune est comme par hasard membre suppléant du conseil supérieur de l’énergie. Cela n’a sans doute rien à voir avec le pétrole à Juan de Nova et dans la Grande Ile, ou avec l’uranium ?
Et l’on ne nous fera pas croire un seul instant que le président de la chambre de commerce et d’industrie France Madagascar, le PDG d’une firme s’occupant de bâtiments, de travaux publics et de mines (honni soit qui mal y pense !) ou que l’administrateur d’un groupe d’industrie automobile, aient fait ce voyage par pure philanthropie.
L’argent n’a peut-être pas d’odeur pour ceux qui acceptent de se boucher le nez, mais la tartufferie qui pousse ces élus de la république française à se compromettre avec des putschistes, en s’abritant derrière une pseudo compassion pour le peuple malgache, est pour nous nauséabonde.
Nous souhaitons simplement à Anne Calvez, à Hélène Coz et à Louise Ferhat de ne jamais subir un jour le traitement infligé par les putschistes à la sénatrice Eliane Naika qui, après avoir été rouée de coups, n’a échappé au viol que parce que son passeport français (elle est franco-malgache) était tombé de son sac !
Avec de tels élus, les valeurs de la république française sont bien mal défendues !
On ne peut trouver mieux comme repoussoir vis-à-vis du pays qu’ils représentent.
Les Inconditionnels de Madagascar,
À l’Ile de la Réunion


