Quatre jours après son premier passage, le même avion low cost donne des sueurs froides à ses passagers

A leur grand étonnement, les passagers découvrent leur avion. Un A320-200 au fuselage tout blanc battant pavillon maltais. Le plus inquiétant reste à venir. Ils prennent place et le standing très épuré de l’appareil saute immédiatement aux yeux.
"Un avion de guerre"
"Il n’y avait pas de compartiment 'première classe', les sièges étaient sans écran, on n’avait donc aucune indication sur le vol et le trajet parcouru par exemple. Il n’y avait même pas de branchement pour des écouteurs avec diffusion de musique, bref c’était comme un avion de guerre", compare-t-elle le niveau de prestations de l’appareil, réduit au plus strict minimum.
Même les toilettes se sont avérées être un luxe. "Les toilettes n’étaient pas accessibles pendant 3 heures de temps tellement il y avait de turbulences", sur les 7 heures que comptait la liaison. "Parmi les passagers, il y avait des personnes âgées, des enfants, ça été difficile, ça se lisait sur leur visage que les gens n’étaient pas bien, ils se retenaient". Avant d’atterrir, le personnel naviguant a enfin donné la consigne qu’il était possible de se rendre aux toilettes pendant 10 minutes en donnant la priorité aux personnes âgées.
Autre écueil durant le vol, le petit-déjeuner de ce mardi matin n’a pas été donné, compliquant un peu plus la tâche des parents devant répondre à l’impatience de leurs enfants. Dans le même registre sur le plan du confort, aucun espace landau n'existait pour changer bébé.
Si les passagers ont pu parler en anglais avec les hôtesses et stewards de cet avion affrété à Malte visiblement, notre passagère réunionnaise explique que, tout de même, un steward s’exprimait très bien en français. Mais globalement, "le personnel lui-même était désolé. Ils étaient là disons pour faire acte de présence", ajoute-t-elle.
Avant même le voyage, la préparation du décollage en elle-même a été stressante. "Ce n’est pas pour mentir, ce n’est pas de la psychose. Quand on découvre l'avion, on se sent piégés. Soit on se dit 'on reste', soit on se dit 'tant pis on le prend à nos risques et périls'. Et pourtant, je prends beaucoup l’avion... J’imagine bien qu’un avion dispose de toutes les autorisations nécessaires pour voler mais celui-là n’était pas du tout rassurant. Quand il décolle, on sent l’odeur de kérosène tout de suite. On ressentait toutes les turbulences", livre-t-elle son impression.
Après les 7 heures de ce vol de nuit qui ont donc paru bien longues aux passagers, certains ont subi une double peine une fois arrivés à Kuala. Le vol MK 229 Réunion - Maurice devait partir à 15h15, il est finalement arrivé à Maurice à 19 heures. Par la suite, le vol Maurice - Kuala Lumpur dont le départ était prévu à 22h30 ce lundi 2 janvier a finalement quitté Maurice vers 23h50.
Ceux qui ont raté leur correspondance accusent le coup
Ces deux retards successifs ont fait rater à pas mal de passagers la correspondance qu’ils avaient programmée vers un autre pays asiatique.
C’est le cas de Sabrina dont la destination finale était Singapour. Résultat des courses, elle a préféré faire une croix sur Singapour qu'elle aurait aimé revoir.
"Je ne vais pas m’amuser à repayer des billets sur Air Asia ainsi que d'autres frais d’hébergement", dit-elle, alors qu'elle est accompagnée de son mari et de ses deux enfants. Leur séjour asiatique de dix jours se limitera donc à la capitale de la Malaisie. Comme elle, ils seraient quarante autres passagers à avoir raté leur correspondance.
Si Sabrina connaît déjà Kuala Lumpur et a les codes du pays pour se débrouiller avec un bon niveau d’anglais, elle est attristée de voir d’autres passagers complètement largués. "Il n’y a évidemment aucun personnel d’Air Mauritius ici pour les aiguiller. J’ai vu des familles réunionnaises en pleurs. Certaines devaient rejoindre la Thaïlande mais comme c’est un jour férié ici lundi et mardi, il n’y avait plus de vol pour eux. Du coup certaines sont sur place dans l’aéroport comme des personnes effarées", raconte-t-elle leur désarroi.
La concernant, Sabrina se demande déjà si dans dix jours elle aura droit, une nouvelle fois, à ce même avion low cost ou à celui de la flotte d’Air Mauritus avec le standing correspondant au prix déboursé.


