Diphtérie : Plusieurs cas recensés à La Réunion

Très contagieuse, elle peut se transmettre de personne à personne soit de façon directe, par la toux et les éternuements, soit de façon indirecte, à partir d’objets souillés ou de lésions cutanées non traitées. Les symptômes de la maladie sont ceux d’une angine, avec fièvre, gonflement du cou et maux de tête ou d’infection cutanée.
4 cas à La Réunion
Depuis le début de l’année 2022, plusieurs cas de diphtérie ont été rapportés en France métropolitaine, à Mayotte et à La Réunion.
Santé Publique France recense 55 cas de diphtérie en France depuis en 2022 (chiffres arrêtés au 30 novembre 2022), parmi lesquels 13 cas de diphtérie à C. diphtheriae à Mayotte.
Ce sont 4 cas de diphtérie à C. diphtheriae qui ont été identifiés à la Réunion, un nombre nettement plus élevé que la moyenne observée sur les 5 dernières années, avec 0,6 cas par an sur les 5 dernières années sur notre île.
Les personnes concernées n'auraient pas voyagé avant d'avoir contracté la maladie. Ces 4 cas n’étaient apparemment pas liés entre eux et étaient des formes cutanées.
A Mayotte, où la couverture vaccinale est insuffisante, la bactérie circule depuis plusieurs années. En 2022, sur les 13 cas rapportés, 7 étaient des formes cutanées, 1 forme ORL et 5 étaient porteurs (ORL) asymptomatiques de la bactérie. Ces 5 dernières infections ont été découvertes parmi les contacts proches de 2 cas symptomatiques. Un décès est survenu chez un bébé non vacciné âgé de 7 mois.
12 souches analysées par le CNR (8 à Mayotte et 4 à la Réunion) présentaient les mêmes caractéristiques, ce qui suggère fortement que ces cas soient liés. “Nous n’avons pas d’hypothèse à ce stade sur la nature de ce lien”, précise Santé publique France.
L’apparition de cas graves ou de cas groupés au sein de la population générale apparaît extrêmement faible en France métropolitaine et à La Réunion où la couverture vaccinale est très élevée depuis de nombreuses années.
En revanche, l’augmentation des cas de diphtérie chez des personnes migrantes, très majoritairement non à jour de leurs vaccinations, fait craindre l'apparition de cas groupés d'infection à C. diphtheriae dans les lieux d'hébergement pour migrants, réfugiés ou demandeurs d’asile (ce scénario a été décrit en Suisse, Kofler et al Eurosurveillance 2022). Afin de prévenir ce risque, un message informant de cette augmentation de cas chez les personnes migrantes et rappelant les recommandations de vaccination et de prise en charge a été transmis aux associations prenant en charge les populations migrantes et aux professionnels de santé.
Des investigations et discussions sur les cas survenus parmi les personnes migrantes sont menées au niveau européen (ECDC et OMS) en particulier pour identifier un éventuel lieu de contamination (pays traversés sur le parcours migratoire ou pays d’origine comme l’Afghanistan).


