Les manipulations d'Albert Ramassamy
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M. Ramassamy dit que le rabotage de la défiscalisation outre-mer étaient annoncés par les déclarations de 2008 où le Premier ministre annonçait une baisse des transferts pour les DOM. A ce jour personne ne sait comment se fera exactement ce rabotage et, jusqu'à peu, des déclarations de M. Baroin, laissaient entendre que la défisc Outre-mer serait épargnée. Celle-ci a été réformée avec la LODEOM en 2009 avec un élargissement pour le logement social. Comment donc faire croire que des déclarations de 2008 annonçaient le rabotage en 2010 d'une défiscalisation confirmée en 2009? Où est la logique? Or, M. Ramassamy mélange sciemment deux démarches: la premières est est une remise à plat de la politique gouvernementale outre-mer et traduite par les mesures du CIOM et, ensuite, des dispositifs généraux, à l'échelle de la République, de rigueur pris dans l'urgence et dont le rabotage de la défiscalisation.
M. Ramassamy dit que la Région a "en charge le développement économique". Cela se discute. Il constante que les élus sortants de la Région n'ont pas fait face au problème posé par les déclarations de François Fillon. Il lance une nouvelle alerte et, de manière rageuse, appelle à trouver le moyen de contraindre les élus à proposer des mesures consensuelles.
Le problème, c'est que entre-temps il y a eu les Régionales. C'était le bon moment pour poser le problème et inviter sinon contraindre, les candidats à préconiser une sortie commune de crise. M. Ramassamy qui a eu durant la campagne la parole ne l'a pas fait. Il le sait puisque faisant le bilan de cette élection il estime que Didier Robert a élu non pas en raison de sa réponse au problème ou à ses capacités à rassembler mais parce qu'il était un candidat neuf qui a su attirer à lui les suffrages d'un électorat hésitant. Alors, là aussi où est la cohérence? Pourquoi venir aujourd'hui tirer sa hargne contre des élus alors qu'on a failli et qu'on n'a pas, le moment venu, attirer leur attention sur ce que l'on considère comme une impérieuse nécessité?
Enfin, pour faire réagir les Réunionnais, M. Ramassamy fait état d'un précédent. Il rappelle qu'à l'occasion de l'examen par une instance internationale d'une demande d'indépendance pour l'île, celle-ci a réagi sous l'impulsion de Michel Debré. In fine, M. Ramassamy veut nous signifier que les déclarations de M. Fillon sont de même nature que cette démarche: les deux sont une agression contre La Réunion et son appartenance à la France. Il aurait fallu le dire de manière plus explicite.
Pierre Fontaine


