Ile à vendre dans l'océan Indien. Pas sérieux s'abstenir. (1/2)
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Le mois d'aout 2010 est un virage à marquer d'une pierre blanche, dit-on, pour La Réunion. Au fer rouge, comme les esclaves, pourrions nous dire. La biodiversité reunionnaise est sous les feux de la rampe avec le classement au patrimoine mondial de l'humanité. D'ailleurs n'est ce pas l'année de la biodiversité au niveau mondial, décrétée par l'organisation des nations-unies (ONU)? En tout cas, Gonthier Daniel n'est pas peu fier de satisfaire ses copains financiers qui ont soutenu activement cette spoliation... enfin... ce classement des 2/3 de l'île : la caisse d'épargne, la poste, le crédit agricole, groupama et la banque de La Réunion.
Mais pourquoi donc des banques, dont la voracité financière de leur actionnaire fait tous les jours l'actualité, soutiendraient-elles aussi activement cette candidature? La réponse est à rechercher du coté de Nagoya au Japon en octobre prochain. Les 193 Etats signataires de la convention sur la biodiversité, issue du sommet de la terre à Rio en 1992 se retrouveront au siège du puissant syndicat patronal japonnais, sponsor officiel de l'événement. Une présence massive des lobbies d'affaires est attendue. Les enjeux sont aussi faramineux qu'ils sont occultés. Point 10 à l'ordre du jour de cette conférence internationale, le rapport du groupe de travail spécial à composition non limitée (http://www.cbd.int/). Qu'est ce que ce groupe? Rien de moins que la transformation de la biodiversité en marchandise, dont les experts promettent Un Marché où les profits seront inversement proportionnels à la richesse de dame nature.
Petit histoire d'une mensonge international DU Marché.
La notion de biodiversité ne se limite plus aujourd'hui à la biodiversité des êtres vivant et de leurs caractères génétiques. Déjà l'organisation mondiale du commerce (OMC) avait crée la notion de service environnementaux, dans l'accord général sur le commerce des services. La biodivesrité s'entend à présent de "tout le matériel" susceptible d'être mis en valeur. Elle inclut non seulement les plantes, les animaux, les gènes, mais également les paysages, les forêts, le captage et la filtration de l'eau, les savoirs faire traditionnels, les cultures, la "sensibilisation" du public, etc.
Depuis plus une décennie tous les affairistes s'affairent. S’appuyant sur les penseurs néo-libéraux, ils décrètent, avec Pavan Sukhdev, que la seule solution pour sauver la planète est d’offrir «"une argumentation économique exhaustive et irréfutable pour la conservation des écosystèmes et de la biodiversité". Ce responsable des marchés internationaux de la Deustche Bank à Bombay est également fondateur d'un programme de "comptabilité environnementale" en Inde. La finance se pose en sauveur de la planète. Pour ses nouveaux chevaliers blancs de la biodiversité, le problème est de donner une valeur marchande à des millions d'espèces et de molécules différentes. Pour contourner la difficulté, l'évaluation de la biodiversité ne porte plus sur les espèces mais sur tous "les services économiques", depuis la pollinisation à la filtration de l’eau, rendus à l'homme par la totalité des écosystèmes (forêts, zones humides, prairies, récif corallien...). Des services estimés par le professeur américain Robert Costanza à 33.000 milliards $ en 1997, soit le double de la valeur mondiale brute produite cette année là.
Pour donner une valeur aux écosystèmes, de 2001 à 2005, l’ONU a élaboré le Millenium Ecosystem Assessment (MEA). Il doit être décliné à l'échelle de la France avant la fin de l'année. L’ensemble permet de connaître l’état des sols, des sous-sols, les gisements de ressources naturelles, les ressources marines etc. Au prétexte d’établir des zones de protection de la biodiversité, les fameuses trames vertes et bleues du grenelle de l'environnement qui vont être mise en œuvre par la charte du parc des hauts, le globe terrestre est ainsi scruté et transformé en parts de marché.
Mais le zèle économétrique ne s’arrête pas là. Depuis 2007, c’est The Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) qui élabore, toujours sous la direction du banquier Pavan Sukhdev, un système complexe pour calculer la valeur monétaire de chaque "service écosystémique". Les conclusions seront dévoilées à Nagoya. Toutefois à Londres le 13 juillet, Julia Marton-Lefèvre, directrice de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a présenté une étude "TEEB for business" pour faire un appel du pied aux transnationales. Le rapport promet aux entreprises près de 1.100 milliards $ de profits supplémentaires en 2050, grâce aux services écosystèmiques. L'UICN est aussi l'organisme instructeur qui a expertisé le dossier Pitons, cirques et remparts pour le classement au patrimoine mondial.
Il reste à mettre en place le système qui va organiser et contrôler ce marché. En mai 2010, à Nairobi, "un groupe de travail spécial à composition non limitée" de la Convention sur la Diversité Biologique propose la création d’une plate-forme science-politique pour appliquer un plan stratégique. En juin 2010, en Corée, les représentants de 90 États adoptent cette proposition : l'Intergovernmental science-policy platform on biodiversity and ecosystem services (IPBES) est lancée (http://ipbes.net/). En écho, le G8 réuni le 25 juin au Canada, applaudit sa création. Elle sera entérinée en septembre, à New York, lors de la 65éme Assemblée générale de l’ONU. L’IPBES réunira des représentants des États, mais également des experts, des firmes et des financiers. Cette plate-forme sera chargée de fournir l'expertise scientifique en matière de biodiversité et contrôlera l’application d’une convention sur la diversité biologique (CDB) complètement détournée de ses objectifs d’origine.
Les banques sont dans les starting blocks.
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