Des détenus "sans papiers et dangereux" transférés de Mayotte à la prison du Port

"Déplacer le problème de ces détenus dangereux sur le Port"
“La Réunion n’a pas la vocation, avec toutes les difficultés que l’on rencontre, d’être la poubelle de la République”, lance-t-il. Il reprend l’exemple des transferts de détenus mouvementés effectués depuis la Guadeloupe, il y a quelques années où l'administration avait fait le choix d'affréter un avion spécialement pour une quinzaine de détenus, dispatchés sur plusieurs centres pénitencier dans toute la France. Or aujourd'hui, “on est en train de déplacer le problème de ces détenus dangereux sur le Port".
“On ne peut pas rester sans bouger au vu de la situation déjà difficile ici”, prévient Rémy Bultor qui demande à l'administration de prendre ses responsabilités en envoyant ces détenus vers l’hexagone.
Le syndicat compte prendre le sujet à bras le corps. Alex Vissouvanadin, responsable régionale UFAP Unsa Justice, sera dès demain sur l’île aux parfums pour rencontrer le personnel pénitencier et les autorités à ce sujet : "Je me déplace d’urgence pour soutenir les collègues, faire état de la situation et échanger avec le préfet de Mayotte" , déclare-t-il avant de poursuivre :
“Ce n’est pas la solution d’importer le problème à La Réunion”.
Pour le syndicat, cette solution de désengorgement à court terme posera d’autres difficultés à l’avenir, d’autant plus que des détenus sont en situation irrégulière. “On va se retrouver avec des personnes qui vont se retrouver dans la nature. Imaginer un plan de sortie pour ces détenus est extrêmement compliqué”.
Le syndicat prône la création d’un second centre pénitentiaire à Mayotte, qui permettrait à chacun de gérer en autonomie sa population carcérale : “Il y a là une nécessité. Fermer les yeux est inadmissible”, alerte-t-il.
Malgré les annonces du Ministre de l'Intérieur lors de sa visite en août dernier, pour l’heure, rien n'est lancé.


