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Les Chroniques de Tonton Jules # 113 Entre chien et loup, vavangue èk girimbelle, papangue èk cordon d’moresse…

Le dérèglement climatique n’explique pas tout, pas plus que les phases de la lune et encore moins les délires astrologiques de « Tarentula 7980 ». Seule la folie des hommes et le goût inné du sang peuvent aider à comprendre la recrudescence meurtrière que subit l’île en ce moment. J’en veux pour preuve l’assassinat de cette pauvre vieille du Tampon, pour une histoire de fric apparemment. Notre ami Me Michel Folio tenait certainement une partie de l’explication : « La Réunion, me disait-il, a une histoire encore récente, à peine plus de 350 ans. C’est trop peu pour se forger une carapace humaine, des valeurs vraiment humanistes ».
Ecrit par zinfos974 – le lundi 5 septembre 2022 à 14H03

Alertez les bébés !
Devant chez moi, un couple sort du laboratoire d’analyses au-dessus duquel je réside. C’est le papa qui porte le siège bébé qu’il s’apprête à installer sur le siège passager à sa droite tandis que la jeune maman se prépare à monter derrière. Mon sang n’a fait qu’un tour car, comme vous, j’ai vu tous ces avertissements télévisés émanant de l’ARS : à l’avant, en cas de choc inopiné, soit le bébé est expulsé par le pare-brise, soit il est explosé par l’airbag. Le résultat est le même, sans rémission possible.
Gorgé de bons sentiments, je m’adresse au papa : « C’est très dangereux, monsieur… » Il me coupe la parole : « Kosalarriveaou, le vieux ? » Armé de mon plus gentil sourire, je lui explique que je me soucie de la santé du bambin pour le cas où on lui brûlerait la priorité, ce qui arrive chaque jour.
J’en suis resté sur le cul, les enfants. Avec une grimace ironique, il m’explique, chaudement approuvé par sa légitime (enfin, je la suppose légitime), que c’est la maternité qui leur a conseillé d’installer bébé à l’avant.
Je me suis platement excusé de m’être fait du souci pour la santé de l’enfant. Il m’a lancé un regard torve pendant que je me demandais juste si c’est la maternité qui déraille, à moins que ce ne soit moi qui suis complètement idiot.

Des jeunes en souffrance ? Le comble de l’angélisme.
Dans un lycée de Saint-Benoît, un élève de première cogne son prof. Lequel a eu l’outrecuidance de lui faire une remarque qu’il a jugée outrancière. Faut surtout rien leur dire, à ces chérubins aussi innocents que le scorpion venant de naître. C’est du moins ce que prétend un angélisme soixante-huitard total débile ! Eh ben, comble de la stupidité, un responsable a expliqué que « ce jeune est en souffrance ». Oui, en souffrance. Comme si le prof était responsable des mauvais traitements familiaux et des infortunes de l’époque. Bref, le prof méritait un charroyage de coups de poing dans la gueule parce que le lycéen était malheureux. J’veux qu’on m’explique.

Pakistan : les chiffres grimpent
Il fallait s’y attendre : après les inondations torrentielles dues à une mousson catastrophique, les chiffres du désastre ne cessent de monter. On en est à plus de 500 morts et quelque 500.000 maisons détruites. Des millions de sans-abri, des gosses soumis à tous les miasmes de la création, pustules, diarrhées, famine, fièvres diverses, malaria, choléra… Le pire est que ces malheureux naïfs, endoctrinés par un prosélytisme dangereux, continuent de croire que seul « Dieu peut nous sauver de ce désastre » ! Après leur avoir expédié un météore désastreux, il va enrayer les méfaits de ce qu’il a voulu, alors ? Parce que, si je comprends bien, c’est Lui qui décide de tout, catastrophes et jours bénis.
On me répondra que Dieu, comme ce fut le cas pour cet imbécile d’Abraham, a voulu éprouver la foi de Ses êtres. Eprouver quelle foi, nom de Dieu ? Puisqu’ils sont déjà à Ses pieds. Leur foi est là, patente, indéracinable, irréversible, inébranlable. Comment l’éprouver encore plus ?
Oui, je sais, je ne suis qu’un misérable mécréant et je vous emmerde !
 

Sitarane-le-Comorien (!)
J’adore la chaîne franco-allemande ARTE. Excellents programmes, plein de documentaires animaliers ou géographiques. Je suis fan de leur excellente série « Invitation au voyage ». Mais parfois, ils racontent des conneries.
Cette dernière semaine, dans un numéro spécial Réunion, il ont évoqué « l’affaire Sitarane » en disant qu’il s’était exprimé, juste avant d’être exécuté, … « en Comorien, sa langue natale ».
Erreur ! Simindza Simicourba, de son vrai nom, était originaire du Mozambique et était venu ici en qualité de travailleur engagé.
Seul son « alias », Sitarane, venait du malgache. « Tsy ita rano » est issu d’une croyance voulant que certaines personnes, pour échapper à la foule, deviennent invisibles : les autres n’y ont vu que de l’eau. Comme en français : ils n’y ont vu que du feu.
C’est Calendrin qui l’avait incité à se nommer ainsi pour échapper aux poursuites.
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