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Accident mortel : "Il faisait une roue arrière à 123km/h au lieu de 50"

Hier, la conductrice qui a involontairement donné la mort à un motard en faisant une manoeuvre imprudente, le 27 février 2020, n'a pas été dispensée de peine contrairement à ce qu'avait requis son conseil. La faute pénale a été retenue par le tribunal mais son casier judiciaire restera vierge.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 7 septembre 2022 à 12H02

Il est presque 7 heures du matin, ce 27 février 2020, rue Mahatma Gandhi qui relie le quartier de la Rivière des Galets à La Possession, lorsqu'une moto qui arrive à vive allure après avoir passé le rond-point 170 mètres plus haut percute une Nissan qui fait demi tour.

Le choc est si violent que le véhicule conduit par une Possessionnaise de 23 ans est projeté de l'autre côté de la chaussée. Malheureusement, le jeune motard, Alexandre F., décède sur le coup.

Hier, mardi, la conductrice toujours aussi traumatisée par cette tragédie routière était appelée à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis, poursuivie pour homicide involontaire.

Impossible pour celle qui avait seulement deux mois de volant au moment de l'accident de prononcer un seul mot. A travers ses larmes, la salle d'audience devine qu'elle murmure un "je ne l'ai pas vu".

Les cinq doigts de la main

Et c'est bien autour de cette question qu'ont tourné les débats. Pour l'avocate de l'automobiliste, Me Marie Briot, la jeune fille avait effectué une manoeuvre autorisée, la route étant partagée par des pointillés. Elle avait regardé attentivement des deux côtés avant de sortir de son stationnement et même laissé passer un premier véhicule qui venait en sens inverse. Puis, elle avait de nouveau checké des deux côtés avant de s'engager. Quelques millièmes de secondes plus tard, le motard qui roulait à très vive allure - 123km/h sur une portion limitée à 50 - et faisait une roue arrière est allé s'encastrer dans la voiture. "Il a déjà été condamné deux fois pour excès de vitesse", martèle Me Briot.

Des arguments difficilement entendables pour la famille de la victime venue assister au procès. "J'ai quatre enfants. Avec moi, ça fait comme les cinq doigts de la main. Mais aujourd'hui, toute notre vie est brisée et je ne souhaite ça à personne", a déclaré la mère d'Alexandre, essuyant ses larmes dans une grande serviette éponge pendant que la jeune conductrice restait prostrée sur le banc réservé aux prévenus.

Dans l'absolu, elle pouvait voir la moto arriver

Toute la scène avait été immortalisée par des caméras de surveillance installées par une entreprise située à proximité des faits. "Il aurait mieux valu qu'elle aille jusqu'au rond point suivant pour faire son demi tour plutôt que de traverser la route" a tonné le bâtonnier Me Laurent Payen défendant les intérêts de la famille du défunt. 

"La manoeuvre était autorisée mais dangereuse et, dans l'absolu, elle pouvait voir", a détaillé la représentante de la société, Léa Filippi, récemment arrivée au parquet du Nord. 8 mois avec sursis ont été requis.

"Elle n'a pas pu anticiper un motard arrivant à cette vitesse, a répondu Me Briot. Les experts émettent plusieurs doutes concernant une éventuelle faute d'inattention. Ce doute doit lui profiter", a plaidé la robe noire réclamant une dispense de peine et que le casier de sa cliente reste vierge.

Le tribunal estimant qu'il y avait une faute pénale a condamné la conductrice à 6 mois de prison avec sursis. Son casier ne portera aucune trace de ces faits.

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